L'aventure extraordinaire d'Oscar Teunoir
Datte: 17/03/2025,
Catégories:
fh,
Collègues / Travail
revede,
Voyeur / Exhib / Nudisme
caresses,
pénétratio,
policier,
Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... sont formés sur l’endroit. Il sort innocemment de sa bagnole, passe devant la vitrine, regarde quelques lithos exposées puis entre. En effet, la boutique est plus profonde que large, mais ne nécessite guère plus de cinq minutes pour en faire le tour et regarder la cinquantaine de toiles exposées. Allez, imaginons qu’on prenne le livret disponible à l’entrée et qu’on le lise devant chaque tableau, une minute fois cinquante, une plombe à tout casser. Pas deux et demie. Il n’est pas spécialiste de l’art, et au premier abord ses rétines sont un peu violentées. Comme beaucoup d’artistes, trop, le peintre utilise un « procédé ». Ils font tous pareil, de César à Arman en passant par Soulages et Vasarely, ils trouvent un truc un peu original et ils le déclinent jusqu’à plus soif. Un filon, en gros. Celui-ci en a un aussi. Au lieu de peindre sur une toile blanche, il barbouille sur des toiles de couleur, fonds de couleurs flashy, voire fluo. Toutes côte à côte, ça bousille un peu les rétines. Mais prises une par une, c’est pas si laid. Un coucher de soleil sur un fond orange fluo traduit presque la réalité de certains soirs sur une plage tunisienne, pareil pour cette nuit parisienne sur un rose fluo, comme baignée de néons. De l’idée, un petit talent peut-être. En tous cas, le mec fait du figuratif et ça convient à Teunoir qui abhorre l’art abstrait. Au fond, avec le même procédé, toute une collection d’éléments du corps féminin, un pied, une main, un sein, un cul, un œil… C’est à ...
... ce moment qu’une voix le fait sursauter :
— Yé peaux vous donner oune rencheignément ?
— Oui, pourquoi pas. Bonjour Monsieur. Vous êtes l’auteur de ces toiles ?
— Chi, yé souis Esteban Martinez y Torrès, créator dé peintoures.
— Dites-moi, Monsieur Torrès, en regardant toute cette série de tableaux, j’ai l’impression qu’ils s’assemblent tous dans ma tête pour ne constituer qu’un seul et même corps de femme. Je me trompe ?
— Hé ! Vous javez l’oye ! C’est youste.
Il n’allait pas lui dire qu’il était flic et que la femme coupée en morceaux, il connaissait déjà.
— Une très belle femme apparemment. C’est dommage que vous ne l’ayez pas peinte en totalité, elle doit être sublime.
— Soublime, en effet. Pero c’est oune proyet…
— Ahhh ! Et quand pourrons-nous admirer cette merveille ?
— Yé crains, zamais… Porque c’est ouna commande espéciale.
— Ohhh… quel dommage… j’aurais tant aimé l’admirer…
— Yé n’aime pas monstrer oune oovre qui n’est pas acévée, pero… Souivez-moi.
Le privé suit l’artiste, un bellâtre argentin au regard de braise avec un catogan. Ils parcourent une coursive vitrée donnant sur une allée pavée, grimpent un escalier de bois grinçant débouchant sur l’atelier du peintre, un espace mansardé largement éclairé par une grande verrière. Sous les vitres un peu sales, une méridienne de tissus lie de vin, un chevalet soutenant une toile grand format, un tabouret et un meuble à roulettes aux multiples tiroirs. Certains sont ouverts, révélant des collections ...