1. Les petites lumières blanches


    Datte: 11/03/2025, Catégories: fh, ff, hplusag, jeunes, campagne, voyage, amour, revede, diffage, Auteur: Calpurnia, Source: Revebebe

    ... âge. Quant à l’exil toulousain, après tout, ce n’est pas si loin pour qu’on ne puisse revenir pour des vacances, et puis c’est le lot de tant de gens d’ici.
    
    ***
    
    Malgré tous ces conseils, le mariage a lieu un mardi après-midi de fin août, avec un minimum d’invités, au grand dam des garçons qui tournaient autour de la belle Camille et qui sont stupéfaits de la voir leur préférer un vieillard mourant. Quentin n’a pas pu obtenir de permission. Le père de la mariée, fidèle à son ressentiment, refuse obstinément sa présence. Il y a quand même une courte cérémonie religieuse : Marie y tenait ; elle se tient au premier rang, triste et digne. Quelques bigotes âgées, toutes vêtues de noir, sont là par curiosité, assises au fond de l’église. L’organiste est venu ; il joue par habitude les morceaux qu’il connaît et l’air classique de Mendelssohn prend une tournure funèbre. Camille est vêtue de blanc, mais sans traîne ni ostentation. Son « oui » tinte d’une voix claire et assurée. René est engoncé dans son costume des grands jours. Sa main tremble au moment de signer le registre, pas celle de Camille, fraîche et souriante, maquillée pour la première fois par la coiffeuse du village. Après la cérémonie, on n’organise même pas un vin d’honneur, encore moins un repas festif. René remet discrètement à Marie le plus gros chèque qu’elle ait jamais vu. Le soir venu, les époux se retirent dans la maison de René, où le couple a élu domicile en commun. Ils dînent frugalement, puis ils vont ...
    ... se coucher.
    
    Certes, Camille ne s’est pas engagée à consommer l’hymen, mais elle ne le refuse pas non plus, par compassion pour René qui n’a jamais vu de femme nue depuis tant d’années. Le désir que l’on croyait définitivement éteint se réveille soudain. Il dit en se déshabillant :
    
    — Il serait mieux que je me cache sous les draps, ou bien qu’on éteigne la lumière. La vue de mon corps délabré va te révulser, et tu ne voudrais plus de moi.
    — Je ne suis pas si fragile, répond-elle en haussant les épaules avant de prendre le pénis dans sa main, délicatement. Détends-toi, tu vas voir, ça va aller.
    
    Lui couché sur le dos, elle s’enfourche à califourchon, dans la position d’Andromaque. Le vieil homme a une érection quasi miraculeuse, la première depuis longtemps, et parvient à la maintenir. Pendant qu’il s’agrippe aux petits seins pointus comme un naufragé à une bouée de sauvetage, elle se déflore elle-même d’un mouvement de reins. Quelques mouvements du bassin de Camille plus tard, René déverse sa semence, puis se détend, épuisé. Elle éteint la lampe de chevet et se couche près de lui, une main posée sur celle de son mari.
    
    — Maintenant que nous sommes mari et femme, dit-elle, il faut que tu me racontes ce que tu ne m’as pas encore dit. Sinon, je ne pourrai pas t’accompagner en toute vérité.
    — La vérité est terrible.
    — Ne crains pas mon jugement. Ce n’est pas là mon rôle.
    — Cela s’est passé en 1960, alors que j’étais conscrit en Algérie. J’avais devancé l’appel, car ...
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