1. Cœur de cible


    Datte: 05/03/2025, Catégories: f, fh, ff, amouroman, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe

    ... en renouvelant mes excuses !
    
    La conne que je suis ! Appuyée contre la cloison, j’enrage, je me foutrais bien des claques, mais ma main droite a pris une tout autre destination que mes joues. La garce s’est glissée dans mon short : ah ! c’était bien la peine de m’essuyer aussi soigneusement il y a trente secondes, je suis complètement trempée !
    
    Lucifer me souffle qu’il n’est pas trop tard : « Vas-y, fonce, rejoins-le sous la douche et astique-lui le kiki ! ». Mon ange gardien me morigène :« Tempère tes ardeurs, ma fille, et file dans la cuisine préparer les cafés ! ». Comme de bien entendu, c’est elle qui gagne. Pas fun, la Sancte Carola !
    
    Rasé, pomponné, habillé, Olivier fait un passage express dans la cuisine, avale son café en trois lampées, refuse les toasts que j’ai préparés.
    
    — Sorry, je suis à la bourre, je file.
    
    Excuse à deux balles, je le sais : son bureau est tout près de chez moi et il est à peine huit heures moins vingt.
    
    Ô, Lucifer, fait-lui faire demi-tour avant de refermer la porte : s’il revenait vers moi maintenant, il me trouverait debout, appuyée sur le mur, mi-nue, caleçon effondré sur les chevilles et un majeur dans la minouche.
    
    … Mais le diable doit être en RTT et la porte claque…
    
    Je n’en peux plus ! Je ne peux pas oublier ton cul Olivier, son image m’embrase, m’incendie, j’ai la boutique en faillite crapuleuse. Il faut que j’agisse : je file dans la chambre, me jette à plat ventre sur son côté du lit où je me saoule du parfum qu’il ...
    ... a laissé sur les draps. Ma main droite glissée sous le ventre, mes doigts caracolent sous mon buisson ardent et mes replis frisottés à moins que ce ne soit l’inverse, buisson frisotté, replis ardents ! Quelle importance ? C’est sûr, j’ai pété un boulon, mais je trouve mon bouton, douloureux éperon exacerbé, douloureux de frustration, de désir, d’envies. Mes chairs sont aussi brûlantes qu’inondées. Courageux sapeurs, mes doigts s’emploient à miner mes dernières pudeurs, fourragent dans l’atelier de Vénus, s’affolent dans mes tissus trempés. Ils s’affolent, mais force est de reconnaître qu’ils ne m’affolent pas : ni les odeurs de l’oreiller, ni l’image des petites fesses musclées, ni même le souvenir de mes tétons durcis pointant sur son torse ou celui de ma cuisse pressée contre son pieu hier soir ne parviennent à embrayer le mouvement. J’enrage de stagner ainsi au pied du mont Olympe, il faut pourtant que je grimpe – mon corps le réclame –, que je calme mes sens.
    
    Je capitule : j’ouvre le tiroir à malice de mon chevet, en extirpe le fabuleux godemichet turbo à tête chercheuse déportée : c’est un terrible, Vibro Lapin T-Rex, 4 modes – 3 vitesses ! Peu m’importe d’être misérable, lamentable et obscène, je roule sur le dos et entre mes cuisses écartées je promène la pine électrique. Mais les vibrations m’horripilent juste, m’exaspèrent en fait : si Olivier était là, près de moi à me reluquer, pour lui je tanguerais, chalouperais, heureuse de me donner en spectacle, de m’avilir ...
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