1. Truckers 5


    Datte: 04/03/2025, Catégories: fhhh, totalsexe, occasion, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe

    ... volontairement en avance. Parfois, semblablement aux terrasses des cafés, j’aime les halls de gare où s’entrecroisent les gens. Je les suis, je leur attribue des destinations et des destinées, des vies ailleurs, des peines et des joies. Je m’amuse de ça. La pointe de mes souliers se balance tour à tour, et j’aime me savoir chaussée de ceux-ci. Je ne les porte que pour mon chéri. Je le lui ai promis lorsqu’il se fendit de quelque mille euros pour mon seul plaisir. Mon caprice.
    
    J’étais dans l’attente. J’étais dans le désir et le tournoiement des gens, ajoutait une animation à mon exaltation.
    
    Pourtant, la suite qui semble relever du pur romanesque, fut une véritable succession de désenchantements, même si au final la contrepartie en fut inversement délicieuse.
    
    À peine une heure était passée, que Marc me textotait une impossibilité de décollage. « Un improbable incident technique », les informait-on. Je ne saurais bien dire pourquoi, mais alors grandit en moi une profonde déception qui petit à petit fit place à une colère que je ne pus refréner avant un certain temps. Je sortis du hall avec une forme de tornade autour de moi, claquai la portière de ma voiture et démarrai en faisant crisser les pneus. Je rentrai avec la déception et la colère chevillées au corps. Enfin, je pensais être sur le chemin du retour lorsque je ne reconnus plus rien du paysage familier que j’avais eu devant moi tant de fois. Simplement, je me perdais. Je m’égarais. Je m’énervais. Je bifurquai ...
    ... à bonne vitesse, furieuse, je stoppai sur le premier parking. J’étais épuisée. Soudainement épuisée. Relevant mon visage du volant, je voyais la façade jaune et triste d’un Formule 1. Ah ! Hilton aux draps soyeux. Ah ! Nuit d’amour avec Marc-An. Je claquai à nouveau la portière, payai ma nuitée et filai direct à la chambre. La colère l’emportait sur la fatigue. Je refermai vivement la porte de la chambre en faisant trembler les murs. Je quittai mon trench-coat, ma robe avec la même hâte et lançai mes Louboutin-Croco en l’air. Un malheur n’arrive jamais seul, dit-on. Je vis mes crocodiles disparaître par la fenêtre restée ouverte. Puis je vis mes croco sur le toit d’un énorme camion, puis je vis l’énorme camion disparaître. J’étais prostrée, hébétée, morte debout. Je tombai sur le lit en pleurant comme une damnée.
    
    Mon corps frissonnait, je m’étais purement endormie. Combien de temps ? Je ne savais situer ni l’espace, ni le temps, ni le lieu. Mon portable était déchargé, je n’avais pas de montre. Tout me désolait. Le sommeil ne luttait plus contre mon énervement. Je filai en claquant à nouveau la porte sans grand souci des voisins d’étage. De tout l’hôtel, d’ailleurs !
    
    Dans mon coffre, j’avais de basiques hauts talons, bas prix, qualité douteuse. Je traversai le parking et remontai à ma chambre faisant claquer mes talons sous les sifflets et lourdes plaisanteries des routiers en horde.
    
    De ma chambre noire, je pouvais voir l’alignement rectiligne, en épi militaire, de ...
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