-
La danse des abysses
Datte: 02/03/2025, Catégories: hh, bateau, amour, jalousie, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
... aspirait. Et quelques fois, elle faisait appel à son ombre et je me devais de la rassurer. — Je ne veux plus être seule, se plaignait-elle alors. Et je devais encaisser cette remarque, c’est à moi qu’elle se plaignait de solitude ? Je n’avais qu’elle dans la vie mais ce n’était pas réciproque, je me contentais de miettes qu’elle daignait m’octroyer. Juste une heure, une minute, une seconde en sa compagnie était suffisante pour apaiser mon sentiment d’abandon, cette solitude extrême que je vivais. Mais, il faut bien que je le concède, la solitude touche chacun d’entre nous à sa manière, c’est un fait immuable. Que vous soyez seul ou entouré, vous pouvez ressentir avec une ardeur grandissante et inquiétante la douleur de l’abandon, la douleur de la solitude… Le monde tournait autour de Lopesa et le monde tournait pour Lopesa mais en définitive, elle était toujours irrémédiablement seule au monde, seule à devoir gérer ses secrets. En cette veille de vacances, en cette dernière soirée avant de profiter de l’été, Lopesa s’enferma dans sa loge et interdit quiconque de venir l’y débusquer. — Même Moi ? — Même toi ! Je ne saurai que le lendemain ce qu’elle fit, la porte fermée à double tour, cela se résuma à de la poudre blanche dans les naseaux et liquide opioïde dans les veines. De quoi être défoncée et vivre sous l’eau en apnée comme la sirène qu’elle était, une Ondine, la fille de la mer. Comme souvent, la veille, l’alcool coula à flots pour ...
... s’amuser ou pour oublier les tracasseries du quotidien, Hazeel se réveilla, avec lenteur, il émergea, l’occiput bourbeux. Cela tambourinait Boum Boum, il devait y avoir tout un orchestre. Hazeel, tout meurtri, groggy, s’extrayait tout doucement d’un rêve duquel il échappait à la mort et s’en sortait à quelques écorchures près des griffes d’une lionne. Dans une confusion où son esprit ne distinguait pas encore l’irréel de la réalité, son âme le faisait douter, après tout, ce n’était peut-être pas un rêve et peut-être n’avait-il pas échappé à ce fauve. Tout lui semblait si palpable, si authentique à présent. La lumière l’éblouissait de sorte qu’il ne distinguait pas encore son entourage. Il fallait qu’il se fasse à cette luminosité, il fallait qu’il s’y habitue. Il ouvrit les yeux avec difficulté, le soleil l’aveugla momentanément. Ce qui était flou tout d’abord devint de plus en plus net. Une silhouette longiforme, oblongue, se dessinait lentement à mesure que les yeux de Hazeel s’appropriaient le soleil luisant. C’est une ombre qui se découvrait lentement. Ce n’était pas une lionne, quoique… Les dessins de la forme se dévoilant aux yeux souffreteux du guitariste lui rappelèrent de récents souvenirs torrides, des jeux érotiques où son corps dansait une salsa endiablée. Très certainement, la forme qu’il contemplait était celle d’un corps aux formes, aux lignes callipyges et aux courbes dessinées pour le plaisir des yeux et de la chair, comme celui de la femme. Habitué à la ...