1. La danse des abysses


    Datte: 02/03/2025, Catégories: hh, bateau, amour, jalousie, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... « What a fantastic death abyss ! » sortait d’une boîte de Pandore et nous illuminait de sa magnificence.
    
    Après cet outro en apothéose, Lopesa, vidée de son essence vitale, de toute son énergie quittait la scène pour ne plus en revenir, laissant nos cœurs esseulés, incapable de répondre à un rappel de la foule qui scandait pourtant un nom : Lopesa ! Lopesa !
    
    Hazeel, qui prenait pour un affront que seul le nom de l’artiste vedette de Niaga Drusba soit ainsi matraqué par ces milliers de voix sans visage, par ces anonymes, se chargeait de terminer la soirée.
    
    Pour cela, il proposait un magnifique morceau en guitare acoustique comme s’il voulait changer l’obscurité dans lequel Lopesa avait laissé son public pour la lumière d’un classicisme rassurant. Il voulait que les spectateurs le suivent et grimpent avec lui en direction de la lumière, du soleil. C’était une mélodie qui contenait tant de joie, d’optimisme et d’espoir en réaction à la cacophonie douloureuse pessimiste et de défiance du dernier titre de Lopesa, que les auditeurs pouvaient en perdre la raison à force d’être balancés d’un extrême à l’autre à la vitesse des ondes sonores dans de l’hydrogène atomique solide.
    
    Après le déluge, le calme. Après la chute dans les profondeurs de la géhenne, la remontée à l’air libre. Sa musique fluide et mélodique nous emmenait loin vers les cieux. Hazeel, perdu dans le labyrinthe de sa vie de drogué, allant dans tous les sens mais ne trouvant à chaque fois que des voies ...
    ... sans issue, comprit qu’il fallait pour en ressortir, monter vers les cieux.
    
    Le concert terminé, les roadies, à leur tour, envahissaient la scène mais dans le but de la démonter point par point tandis que les musiciens cherchaient des palliatifs pour redescendre de leur Olympe.
    
    Et chacun dans sa loge, les musiciens s’affairaient à leur échappatoire. Whisper s’enivrait de sexe cherchant dans les corps l’étourdissement – homme ou femme, qu’importe le flacon pourvu qu’il y ait l’ivresse ; The Butcherman partait avec un garde du corps dans les rues les plus sordides de la ville pour se procurer sa dose(s’il ne l’avait pas déjà acquise, après tout son garde du corps était assigné à cette tâche) et Hazeel se saupoudrait le nez de sa poudre blanche, direction le pays onirique de son imagination fluidifiée.
    
    Lopesa n’avait pas de rituel bien spécifique, cela dépendait de son humeur, ou plutôt de ses humeurs, parfois, elle choisissait un fan pour que son corps meurtri exulte, Hazeel n’étant potentiellement pas disponible, parfois, elle se grisait d’alcool ou avait recours à de puissants stimulants. Son but était de pouvoir empoisonner toute sa matière grise, qu’elle ne soit plus capable de réfléchir, que son esprit devienne étriqué et se transformât en « une masse molle cérébelleuse » à en oublier l’essentiel. Et lorsque les poisons destructeurs l’emmenaient dans des paradis artificiels et qu’elle arrivait à oublier sa condition, elle retrouvait enfin le repos auquel elle ...
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