1. La danse des abysses


    Datte: 02/03/2025, Catégories: hh, bateau, amour, jalousie, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... luminosité écarlate du décor, Hazeel ne distinguait plus, il voyait. Lui faisant face, accroupie au-dessus de son corps, prête à lui maintenir la tête, Melle Lopesa, t-shirt mouillé laissant entrevoir une poitrine aux galbes parfaits, visage angélique dégoulinant d’eau salée jaugeait le survivant.
    
    — Salut toi !
    
    Sa voix était encore un peu rauque, les cris poussés lors du dernier concert comme des harangues lancées pour bousculer les cœurs de ceux venus l’écouter et aussi ceux plus intimes gémis lors de la nuit qui s’ensuivit, laissaient encore leur empreinte sur les cordes vocales fragilisées de leur propriétaire. Mais déjà, on pouvait ressentir la puissance qui en émanait.
    
    Assise en tailleur, Messaline était devant son amant, le sourire aux lèvres, heureuse et guillerette comme toujours, cette femme avait toujours une incroyable force de vivre, malgré les épreuves qu’elle avait vécues, c’était comme si ces dernières l’avaient endurcie, d’humeur constante, une pile électrique, elle s’était levée avant nous tous. Visiblement, elle n’avait besoin que de quelques heures de sommeil.
    
    — Allez, viens nager, exultait-elle à Hazeel qui émergeait de ses rêves en se tenant le front. Je m’ennuie, viens nager, viens avec moi…
    
    Hazeel n’était capable que de borborygmes, bien incapable de formuler une phrase distincte et même une succession de mots, empâté comme pas deux et complètement vaseux.
    
    — Allez, réveille-toi ! Lui dit la belle tout en le secouant, impatiente que la ...
    ... vie reprenne à bord de ce yacht !
    — Rrrarraaaargggghh ! Fut la seule réponse avant d’entendre un :
    — Mais putain… Lopesa… t’fais chier !
    
    Nullement décontenancée, Messaline s’en amusait :
    
    — Allez grosse feignasse ! Puisque t’es pas capable de te lever, j’vais aller voir Ski !
    
    Ski, ou Skia de mon vrai prénom, le mec de l’ombre, celui qui était toujours là lorsque les autres l’avaient abandonnée. J’étais encore dans mon lit lorsqu’elle vint tout bousculer comme un tsunami, j’avais un café dans les mains qui évidemment m’échappa. Le café se répandit sur les draps immaculés comme une tâche d’un test de Rorschach. J’aurais pu y voir une créature avec un corps de femme dont les ailes se déchirent et imaginer qu’elle fut Messaline si justement cette dernière m’avait laissé le temps de rêvasser.
    
    Comment lui refuser cette baignade ? J’allais pouvoir une fois de plus l’admirer dans toute sa splendeur de femme fatale. Et une nouvelle fois, je tenterai de cacher une érection qui arriverait à coup sûr lorsqu’elle se pencherait vers moi pour me mordiller le lobe de l’oreille comme elle me le faisait toujours. Cette marque d’affection m’était réservée, c’était un lien qui nous unissait.
    
    Le soleil dardait ses rayons tandis que nous batifolions dans l’eau. Quand soudain, une ombre me recouvrit, je me redressai et je vis sur le pont à nous regarder : Hazeel Thorn qui, une nouvelle fois, nous offrait sa nudité sans aucune pudeur, sans aucune retenue. Il me dévisageait, arrogance ...
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