1. La danse des abysses


    Datte: 02/03/2025, Catégories: hh, bateau, amour, jalousie, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... conscience, et par ailleurs, ni Whispers, Shallambeau ou Hazeel n’en avaient cure. Ils étaient focus sur ce qu’ils allaient offrir au public. Mais les doutes les assaillaient chacun de façon différente et tous quatre étaient toujours en proie à un poison qui glaçait les cœurs : le trac.
    
    Hazeel se perdait dans les rêves d’éther, Le ButcherMan dans celui des aiguilles et Le murmure Whisper dans celui du sexe.
    
    Lopesa, elle, se murait dans un monde qui n’est pas le nôtre, loin d’ici dans un monde intérieur où personne d’autre que moi n’y avait de temps en temps accès. Lorsqu’elle me demandait, j’étais là et nous discutions de tout mais surtout d’elle. Il fallait que je la rassure sans discontinuer, c’était une enfant qui avait peur, elle avait peur de ne pas être à la hauteur. Quelle ironie, la déesse, possesseuse du secret du feu, celle qui nous promettait la science du feu, le feu qui embrase nos vies et réchauffe nos cœurs, doutait de ses capacités à nous relayer la recette. Mais je savais, sans avoir le moindre doute sur ces capacités qu’elle réussirait une nouvelle fois à voler le secret des dieux pour nous l’offrir et je savais qu’elle le paierait avec brutalité, violence, qu’elle se ferait de nouveau déchirer.
    
    Une fois sur scène, les doutes s’envolaient comme ils étaient arrivés et les musiciens s’enveloppaient de leur alter ego, tous aussi somptueux et décadents, tous aussi vaniteux et inutiles, tous devenaient une image, une icône et leur enveloppe charnelle se ...
    ... débarrassait des miasmes du monde pour ne se concentrer que sur l’essentiel : les spectateurs.
    
    Ils se donnaient sans réserve, Hazeel avait en tête de montrer qu’il était le meilleur musicien du monde, et Lopesa, en véritable cheffe d’orchestre, donnait le tempo et exhortait la foule à danser aux rythmes frénétiques imposés par le groupe. Une vague de bras, tel le ressac de la mer se balançait dans les airs, les guitares criaient, les grosses caisses martelaient tandis que les basses clinquaient quand la grande prêtresse de la cérémonie offrit sa nudité du corps mais aussi sa nudité de l’âme à son public qui n’attendait plus que ce sacrifice pour la dévorer comme à chaque représentation.
    
    Tel Prométhée, elle nous offrait à nous, simples mortels, le feu de la connaissance et elle en était punie pour ça, car les dieux sont vaniteux et ne supportent pas qu’une femme, simple mortelle, de basse naissance se hisse à leur hauteur. Elle avait volé le feu sacré pour nous réchauffer le cœur et pour ce crime, tous les soirs, un oiseau lui crevait les yeux, le cœur et la rate pour s’en délecter et toutes les nuits, et tous les jours, elle renaissait pour subir les mêmes traitements, les mêmes supplices.
    
    Et de nouveau, le corbeau de la foule la perforait et la dépeçait vivante de ses viscères. Elle s’écartelait pour me mieux se déchirer et dans cette apothéose orgiaque où une foule compacte dépeçait leur prophétesse, un chant devenu cri(mélange de douleur et de jouissance extrême) ...
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