1. Libérations


    Datte: 30/01/2025, Catégories: fh, enceinte, pénétratio, nonéro, Auteur: Loaou, Source: Revebebe

    ... certainement mal dosé, mais dont bébé a absorbé une partie en bavouillant au creux de mon bras avant de s’endormir, me laissant avec une émotion indescriptible. J’ai déposé un baiser sur son front. Ce doit être à ce moment qu’un sortilège a soudé son cœur au mien.
    
    Paula s’est étonnamment vite remise, mais ignorait complètement son enfant, ne l’entendait pas, ne voyait pas le petit berceau improvisé dans un carton de déménagement. Elle aurait pu marcher dessus sans s’en apercevoir, sans broncher. Un déni total, abrupt, infini.
    
    Le dernier jour du délai légal, il m’a fallu la pousser dehors pour qu’elle se rende à la mairie afin de déclarer la petite. Ça lui a pris presque deux heures. Le soir, elle m’a avoué qu’elle les avait passées au bar, un peu plus loin. Le lendemain matin, elle avait disparu avec le grand sac à dos et la valise qui jouxtaient mon balluchon, ainsi que la plupart de ses affaires. Elle avait profité de mon épuisement, quand je m’étais écroulé après le biberon de 5 h du matin, qui suivait celui de 3 h, qui suivait celui de minuit.
    
    La môme n’existe pas. J’ai pensé la déposer devant le premier hôpital, mais en quatre jours, ses sourires et ses gazouillis m’avaient fait fondre, j’étais déjà accro. Je ne vois pas comment la légaliser : je ne peux rien justifier de son origine, je ne connais que le prénom de sa mère… Paula, même pas un nom de famille, et je ne suis même pas sûr que le studio ne soit pas un squat. Je pourrais prétendre l’avoir trouvée. ...
    ... Au mieux, ils l’emporteront pour la mettre dans un affreux asile d’orphelins en attendant qu’elle soit adoptée. Je l’ai aidée à naître, je l’ai tenue dans mes mains, elle m’a souri ; je ne peux pas l’abandonner maintenant. Je ne veux pas la perdre. Au pire, avec mon casier, on m’accusera de l’avoir volée ou Dieu sait quoi. Je risquerais bien pire en la signalant qu’en ne faisant rien, alors je n’ai rien fait.
    
    C’est assurément la plus grosse connerie de ma vie, mais je l’ai gardée, et comme elle ne pourra pas dire avoir eu de la chance, j’ai décidé de l’appeler Sophie, très idiotement.
    
    Après avoir compris que Paula était vraiment partie, j’ai paniqué : je ne pouvais pas rester dans cette planque affreuse. Puis je me suis trouvé un prétexte pour l’occuper quelques jours, le temps de me retourner ; j’ai préparé des arguments : en cas de besoin, je dirais que Paula m’a confié l’appart, qui n’a même pas de clé, pendant son absence, qu’elle va revenir.
    
    Bien m’en a pris ! Le surlendemain de son départ, une femme âgée accompagnée d’un jeune benêt, mais grand et costaud, sont venus réclamer le « loyer ». J’ai expliqué ma présence, qui leur a fait ni chaud ni froid :
    
    — On se fiche de qui loge ici, du moment que le loyer est payé. C’est 250, en espèces et sans retard. On revient dans une heure. Si vous n’avez pas le fric, ferez mieux d’avoir vidé les lieux. Pour votre santé.
    
    Le message était simple et sans appel. Quand ils sont revenus, j’avais l’argent, encore tiède du ...