1. Libérations


    Datte: 30/01/2025, Catégories: fh, enceinte, pénétratio, nonéro, Auteur: Loaou, Source: Revebebe

    ... Merci, fait-elle, un peu essoufflée. J’en peux plus.
    — C’est pour bientôt ?
    — J’voudrais bien. Marre d’être grosse et toujours fatiguée. Mais j’en veux pas, alors…
    
    Elle recommence à pleurer. Le bus est quasiment vide et les trépidations qui résonnent entre les rangées de sièges vides couvrent ses reniflements. Sans y réfléchir, il lui tend la main, un moment de compassion. Il se demande pourquoi il a fait cela et voudrait la retirer, mais elle l’a déjà saisie avidement et demande :
    
    — Vous allez où ?
    — Je ne sais pas encore. Loin, très loin.
    — Vous sortez ?
    — Oui.
    — Longtemps ?
    — Deux ans.
    — Longtemps… oui, lâche-t-elle après un temps. J’ai…
    
    Elle ne finit pas, mais pleure à nouveau comme une fontaine en hoquetant.
    
    Les arrêts défilent. Il s’en fiche : il va au terminus, à la gare. Il y cherchera une piaule à côté avant de partir pour une autre vie, loin, définitivement. Il ferme les yeux, repense à ces deux ans, pour des conneries. Des conneries graves, mais des conneries quand même.
    
    Le conducteur les tire de leur mélancolie, il s’adresse à elle d’une voix assez forte alors que le bus ralentit :
    
    — Madame ? Vous descendez ici, d’habitude. Je ne voudrais pas vous faire marcher plus que besoin…
    — Oh ! … Merci ! répond-elle sans joie. J’descends, oui.
    
    Puis à l’homme dont elle tient toujours la main :
    
    — S’il vous plaît, m’laissez pas seule. Sinon j’vais faire une connerie.
    
    Le mot lui parle : il a eu le temps d’y penser, en deux ans.
    
    Elle ...
    ... s’appuie sur lui pour se lever, il l’aide à descendre et le bus s’en va dans son rugissement mécanique. Elle se tient toujours à son bras, le guide le long des murs gris en marchant à petits pas. Son menton tremble de temps en temps, mais elle retient ses sanglots. Vite, changer de sujet. Il propose :
    
    — Vous ne savez rien de moi, vous n’avez pas peur ?
    — D’vous ? Non. Seulement de moi.
    — Je sors de prison, pourtant.
    — Justement. Si vous m’tuez, ça sera plus facile.
    
    Stupéfait, il marque un temps d’arrêt avant de rétorquer :
    
    — N’y comptez pas. Je n’ai jamais tué personne et vous ne serez pas la première.
    — Personne n’est parfait, énonce-t-elle sans la moindre ironie. Venez quand même, me laissez pas. J’ai moins peur de mourir que d’être seule, chuchote-t-elle en resserrant son bras autour du sien.
    
    C’est ainsi qu’il l’accompagne jusqu’au quatrième étage, une pièce minable sous les combles, dont il faut sortir pour aller aux WC, deux mètres plus loin sur le palier.
    
    Elle y arrive exténuée et se laisse tomber sur le clic-clac ouvert qui sert de canapé et de couchage, aussi défait que tout reste : rien n’est rangé. Contre une cabine de douche étriquée, un évier déborde de vaisselle à laver. Il se prolonge d’un court plan de travail où trône l’unique disque en fonte d’une petite plaque de cuisson. Sous l’évier, un minuscule lave-linge en plastique d’où dépasse un bout de tissu rouge clair. Des vêtements et sous-vêtements traînent sur une commode aux tiroirs entrouverts ...
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