1. Libérations


    Datte: 30/01/2025, Catégories: fh, enceinte, pénétratio, nonéro, Auteur: Loaou, Source: Revebebe

    Il quitte la prison en même temps qu’une jeune femme enceinte jusqu’aux yeux qui l’ignore ostensiblement. Il ne la connaît pas, mais il aurait quand même préféré qu’elle n’entende pas l’adieu du maton, formulé sans tact, à haute voix. Une formule qui se voulait ironique :
    
    — Je ne vous souhaite pas au revoir, ou alors, comme elle : en visite.
    
    Cette tentative d’humour le met en rogne, il n’a vraiment pas envie de causer. Il laisse la femme s’éloigner, d’une démarche un peu mécanique, absente. Elle file direct à l’arrêt de bus en face du portail entouré de barbelés et se laisse tomber sur le banc métallique. De profil, il ne voit que son gros ventre, bien plus proéminent que sa poitrine.
    
    Il aurait préféré l’éviter, mais il est obligé de la rejoindre : c’est le seul arrêt qu’il connaît, sur la seule ligne qui dessert ce quartier excentré que tout le monde évite. Alors il continue d’avancer, encore plus lentement, en espérant l’arrivée imminente du bus.
    
    Le visage de la femme est à présent visible ; elle fixe un point au-delà de l’horizon et semble perdue, très loin d’ici. Il passe devant elle et coupe brièvement son soleil. Elle croise son regard, se crispe et semble contrariée, comme s’il la dérangeait. Il se force d’un sourire, une petite excuse discrète. Sans rien qui le laisse prévoir, elle s’écroule en sanglots, un peu penchée en avant, le visage entre les mains sans même arriver à poser les coudes sur ses genoux. « Allons donc ! » pense-t-il.
    
    S’il y a une ...
    ... chose qu’il ne supporte pas, c’est de voir pleurer : il a trop souvent vu pleurer sa mère, quand il était enfant, il en fait encore des cauchemars. Il s’assied à côté d’elle, pas trop près quand même, et propose :
    
    — Est-ce que je peux vous aider ?
    — Non, hoquette-t-elle sans ôter les mains de son visage. C’est trop tard. J’ai tout perdu. Je ferais mieux de mourir.
    — Rien ne vaut la peine de mourir.
    — Il veut plus m’voir, renifle-t-elle, il a dit : « plus jamais ». Il me hait, il va m’faire démolir par sa brute.
    — Le père ? demande l’homme en indiquant son ventre.
    — J’aurais bien voulu, mais non, c’est pas lui. J’sais pas qui c’est et j’m’en fous.
    
    Un bus arrive, qui passe sans s’arrêter : c’est un autocar touristique. Son ombre les coupe un instant de la chaleur du soleil et le bruit de son moteur interrompt l’échange. Il laisse des effluves de gazole brûlé qui planent un moment. Elle pleure de nouveau, abondamment. Entre deux sanglots, elle murmure ses pensées, elle chuchote des horreurs. Elle semble avoir oublié qu’il est là et qu’il l’écoute.
    
    Le « 16 » arrive, il lui touche l’épaule pour la prévenir. Elle sursaute puis se lève avec une grimace, lui attrape d’autorité le bras et s’y appuie pour rejoindre la porte qui s’ouvre en chuintant puis pour monter les trois marches. Elle ne le lâche pas pendant qu’il paye sa place. Elle l’accompagne, le dirige, et se laisse tomber sur la première place « handicapé », derrière le chauffeur. Il se pose en face d’elle.
    
    — ...
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