1. Elsa


    Datte: 22/01/2025, Catégories: fh, hplusag, amour, mélo, portrait, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... vivre avec toi au quotidien, je ne te trouve pas de défaut. C’est même un peu excessif, voire inquiétant.
    — Pourquoi inquiétant ? Regarde celle de mes vingt-cinq ans, qu’y vois-tu d’inquiétant ?
    — La détermination. Sur celle-ci tu sais ce que tu vaux et ce que tu veux.
    — Vrai. Je n’ai plus que deux ans, deux ans d’études dont je ne doute plus de l’issue sauf accident et deux ans d’attente avant aujourd’hui, séduire l’homme de ma vie.
    — Et là-dessus non plus tu n’avais pas de doute ?
    — Jérôme, pourquoi serais-tu resté sept ans à l’époque, neuf aujourd’hui, à me chouchouter et à me rendre la vie facile sans aller papillonner ailleurs si tu n’avais pas le moindre sentiment pour moi ? Qu’est-ce qui pourrait justifier autant d’abnégation sinon l’amour ?
    — Oui… peut-être… certainement… mais pas seulement… l’engagement pris auprès de ta mère… et aussi le réel plaisir de t’accompagner vers ton apogée de femme accomplie.
    — Eh bien il est temps pour toi de profiter pleinement de cet apogée. Je sais que tu m’aimes, et ça tombe bien : je t’aime aussi. Il faut juste que tu l’admettes.
    — C’est décidément un grand jour. Pour moi c’est celui d’un aveu, oui, je t’aime et oui, je suis resté avec toi, tout ce temps parce que je t’aimais. MAIS ! Il est gros ce mais… Mais je t’aimais surtout comme ma fille, comme le « trésor » que ta mère m’avait confié avant de mourir. Je n’attendais rien de toi, sinon peut-être la faveur de te mener un jour au cœur d’une église pour que tu épouses ...
    ... un gentil garçon de ton âge ou presque. Parce que j’ai l’âge de ton père et pas celui d’être ton petit copain.
    — Oh oui, maman, tu avais raison. Il est adorable ce Jérôme, solide et sûr, capable de refouler tous ses désirs pour rester un mec bien. Jérôme, mon Jérôme, à quel âge est mort mon père ?
    — Vingt-trois ans.
    — À quel âge est morte ma mère ?
    — Trente-cinq, enfin presque trente-six.
    — Alors d’après toi, combien de temps me reste-t-il à vivre ?
    — Je n’en sais rien, pas plus pour toi que pour moi. Le temps est la seule vraie richesse que nous ayons ici- bas et on ne sait pas de combien on dispose…
    — Eh bien voilà, mon chéri philosophe. Alors ce temps-là, je veux le vivre avec l’homme que j’aime et la différence d’âge je m’en contrefous. Ah, il reste une place vide dans cet escalier, pour la photo de mes trente ans, j’imagine. Alors voyons… dans trois ans, le temps de m’installer et de m’habituer à ma nouvelle vie de couple, j’aurai un gros ventre sur cette photo, un ou deux mois avant que naisse l’enfant que tu vas me faire. Ah, il faut que je te précise : je sais tout sur le sexe, les appareils reproductifs féminin et masculin, leurs affections ou infections possibles et leurs traitements. En revanche, concernant la mise en œuvre, je suis à zéro pointé. Pas de T.P. !
    — Comment cela ? Je croyais que les carabins étaient de fieffés coquins.
    — M’as-tu vue ramener quelques « copains-coquins » à la maison en neuf ans ? Ou installer une échelle à la fenêtre de ma ...