1. Elsa


    Datte: 22/01/2025, Catégories: fh, hplusag, amour, mélo, portrait, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... réfléchi, solide comme un roc, l’homme sur lequel on pouvait compter. Je me suis toujours demandé si elle était vraiment amoureuse de toi ou si tu lui apportais la sécurité et le réconfort dont elle avait besoin.
    — Peut-être. Hélas, elle n’est plus là pour le dire…
    — Non. Mais je suis là, moi, et bien là. Ah, la troisième photo. Tu te souviens de cette vieille harpie de la DASS, eh bien elle m’avait ouvert les yeux : après la mort de maman, plus rien ne nous liait, nous étions des étrangers l’un pour l’autre. Du coup, ça me donnait le droit d’être amoureuse de toi, et en plus sans concurrence depuis la mort de maman, que j’adorais, je te rassure. Mais fini le complexe d’Électre.
    — Moi j’avais la trouille que tu me fasses une crise d’adolescence très difficile, après ce que tu venais de vivre. Un truc que je n’aurais pas su gérer sans ta mère. Et puis non, rien, tu es même presque radieuse sur ce cliché.
    — Oui, j’avais eu mon brevet, tu étais mon tuteur, nous restions ensemble, je t’avais pour moi toute seule.
    — J’apprends des choses à chaque marche.
    — Ah ! vingt ans, le grand doute et ça se voit.
    — En effet, regard lointain, une certaine évanescence. Tu doutais de quoi ?
    — De moi bien sûr. À dix-huit ans, j’étais devenue majeure et tu n’étais plus mon tuteur. À tout moment tu aurais pu partir et refaire ta vie ailleurs, libéré de toute obligation. Je me disais que j’aurais pu, que j’aurais peut-être dû faire ce que je fais aujourd’hui pour te garder, te forcer la main ...
    ... en somme. Doute, hésitation, regrets, il n’était peut-être pas encore trop tard. Mais dans les faits, rien ne changeait dans notre vie, toujours aussi paisible et rassurante. Alors j’ai choisi de gagner ton amour par l’estime, par la réussite, et j’ai rempilé à fond dans les études. Aujourd’hui, il me semble que j’ai bien fait. Mais j’ai eu une sacrée trouille quand cette salope de Virginie est venue te draguer ici, sous notre toit. Je lui aurais crevé les yeux si elle avait cassé mon beau rêve.
    — C’était donc bien cela, une vraie crise de jalousie.
    — Ah oui, j’étais furieuse. Que tu rencontres quelqu’un ailleurs, au boulot ou n’importe, je n’y aurais pas pu grand-chose et je crois que je me serais inclinée. Mais une copine de mon âge, que j’accueillais chez nous, en plus avec une réputation méritée d’allumeuse, ça non ! Grrrr…
    — Ha-ha-ha ! Tout s’explique un jour, mais tu vois, je n’ai rencontré personne qui mérite de m’y attarder. J’avais expliqué à ta mère que, l’ayant connue jeune, les autres femmes ensuite n’étaient pas à la hauteur, et je n’avais vécu que des échecs. On s’en remet, bien sûr, mais c’est toujours douloureux et je n’ai plus envie de souffrir. La vie a déjà été trop dure au goût du seul rescapé de notre trio d’amis.
    — Je n’espère qu’une chose : que la génétique m’ait hissée au niveau de ma mère. Toi qui l’a connue au même âge que cette photo, tu en penses quoi ? Je tiens la route ?
    — Le drame pour moi c’est que tu es encore plus belle et qu’en plus, à ...