1. Elsa


    Datte: 22/01/2025, Catégories: fh, hplusag, amour, mélo, portrait, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... désire, que j’en sois fou. Elle ne reprend son frottement langoureux qu’au retour de la flûte, et là c’est elle qui plaque sa bouche sur la mienne et en force le passage d’une langue vigoureuse, inarrêtable. Ai-je vraiment envie de l’arrêter ? Je me dis juste que ce n’est pas bien. Pourquoi ? Parce que c’est presque ma fille… oui, mais ça ne l’est pas. Parce que c’est ma belle-fille… oui, mais ça ne l’est plus. Parce que je suis son tuteur… plus depuis neuf ans. Ah si ! Parce qu’elle est trop jeune ! Voilà, c’est tout simple, j’ai trouvé. Sur le second final, elle sait fort bien où se trouve la conclusion et me traîne directement vers ma chambre. Bon sang quelle démarche, quelle cambrure, quelles hanches, quel fessier ! Surtout lorsqu’elle monte les marches. Curieusement, elle fait une halte devant chacune de mes photos, de ses images, comme si elle déroulait le temps jusqu’à son apothéose ou comme un chemin de croix sans croix à porter. Quoique, peut-être quelques petits fardeaux à poser…
    
    — Elsa, que fais-tu ? Sais-tu au moins ce que tu es en train de faire ?
    — Parfaitement. Je vais coucher pour la première fois avec l’homme que j’aime. Que j’aime depuis… pfiou !… je ne sais plus, plus de vingt ans en tous cas. Depuis cette photo-là, tiens, tout en bas.
    — Mais tu n’étais qu’une gamine !
    — Eh oui. Les enfants ne pourraient pas aimer, peut-être ? Pourtant ils aiment leurs parents, leurs grands-parents quand ils en ont, et tout le monde trouve ça très bien. Moi ...
    ... j’aimais un gentil Monsieur qui m’emmenait promener tous les dimanches.
    — Oui, je me souviens comme tu sautais dans mes bras. Mais ce n’était pas le même amour, l’amour des adultes. Tu étais surtout attirée par les petits bonbons que je cachais dans mes poches.
    — Non bien sûr. On ignore tout de la sexualité qui n’entre pas en ligne de compte à cet âge. On aime, tout simplement. Et comme tu aimais aussi maman, je trouvais ça bien parce que nous vivions enfin tous les trois ensemble, tous les jours.
    — C’était mignon, lumineux, sans arrière-pensée. Sur la suivante, dis-je en grimpant trois marches, tu parais plus lointaine, plus songeuse, bien qu’encore plus belle et épanouie.
    — Ah oui, là c’était le temps du complexe d’Électre, la concurrence avec ma mère. Laquelle des deux retiendrait le plus ton attention. Je n’avais pas trouvé d’autre moyen que d’essayer d’être la meilleure en tout, à l’école, en musique, en danse et en natation. Juste pour te voir m’applaudir pendant les spectacles, à la fin des compétitions ou quand vous receviez mon carnet de notes.
    — C’est vrai que tu étais une enfant modèle qui me donnait envie de te faire un demi-frère ou une demie- sœur. Mais ta mère ne le souhaitait pas…
    — Au risque de te blesser, je crois savoir pourquoi. Elle m’a un peu parlé à l’hôpital avant de mourir, me disant combien elle avait été follement amoureuse de mon père, toujours dans l’action, la moto, l’escalade, le parapente, le kitesurf… Toi tu étais presque l’opposé, prudent, ...
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