1. 0318 Une nouvelle année et son lot de surprises.


    Datte: 04/01/2025, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... par habitude de s’isoler.
    
    Seul devant la télé, je zappe. Et je tombe sur lui. Sa tête en plan serré à l’écran. Ses cheveux bruns, ses beaux traits de mec, son sourire incendiaire. Il vient de marquer. Le regard intense, le front perlant de transpiration, son maillot, ses pecs ondulant au rythme de la respiration sous l’effort, il est beau à en pleurer. J’ai envie de lui. J’ai envie d’être possédé et rempli par sa virilité. J’ai envie de le faire jouir. J’ai envie de le voir jouir. J’ai envie de pleurer. Mais j’ai surtout envie de le prendre dans mes bras et de le serrer très fort contre moi. Juste ça. Je donnerais cher, juste pour passer une heure avec lui et le tenir dans mes bras.
    
    Jérém lève les bras, le stade exulte, ses coéquipiers se jettent sur lui. Je suis heureux de le voir heureux. Mais son bonheur ne fait que souligner mon malheur.
    
    Ulysse se jette à son cou et le serre très fort contre lui. Qu’est-ce que ressent mon Jérém à cet instant ? Est-ce que ce contact lui rappelle le bonheur de l’instant où il a pu enfin accéder à la virilité du beau blond ?
    
    J’entends Ruben approcher, et je zappe aussitôt. J’ai plus que jamais envie de pleurer mais je ravale vite mes larmes prêtes à couler sur mes joues. Et j’écoute le récit que Ruben me fait du coup de fil avec sa mère en faisant semblant d’en avoir quelque chose à carrer.
    
    Jérém.
    
    Février 2003.
    
    Mais dans ta vie tout n’est quand-même pas que bling bling, soirées arrosées, et parties de jambes en l’air. ...
    ... Le rugby c’est aussi une bonne tranche de pression sur les épaules des joueurs. Il faut rester au top, toujours, et il n’y a pas de droit à l’erreur. Il faut gagner, coûte que coûte.
    
    Avant de quitter les vestiaires, la tension est palpable. Personne ne moufte.
    
    Quand les joueurs de l’équipe adverse débarquent sur le terrain, ils te font parfois penser à ces taureaux qui déboulent dans les rues de Pampelune (mais peut-être bien que les joueurs adverses vous perçoivent de la même façon, tes coéquipiers et toi), qui écrasent tout sur leur passage et qui parfois embrochent des mecs. Tu as assisté à ça, une fois plus jeune, et ça t’a traumatisé. Tu as peur des blessures. Pour toi, mais pour les autres aussi, pareil. La souffrance physique t’inspire un malaise insupportable.
    
    Le laps de temps entre l’entrée sur le terrain et le début du match, l’attente avant que l’arbitre ne siffle le coup d’envoi te paraît sans fin. Tu retiens ton souffle. Tu as envie d’en découdre, mais tu es inquiet.
    
    Tu te dis que c’est con, que tu ne vas pas quand même à la guerre, que dans l’affrontement qui va avoir lieu il n’y aura pas d’armes. Et pourtant, si, il y en a. Ces armes s’appellent vitesse, masse, envie de gagner à tout prix. Tu sais que les autres, tout comme tes coéquipiers et toi, vont tout donner pour gagner le match. Tu sais qu’ils ne reculeront pas, et que vous ne reculerez pas non plus. Sur le terrain, il y aura de la sueur, des coups, du sang, des blessures.
    
    Lorsque le coup ...
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