-
0318 Une nouvelle année et son lot de surprises.
Datte: 04/01/2025, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... n’as vraiment pas envie de te prêter à cet exercice. En fait, t’as juste envie de passer à la douche. Mais la direction a été claire, on ne refuse jamais une interview. Alors, tu sais que tu ne peux pas y échapper. — Quel match, Jérémie ! te lance le journaliste, comme s’il était ton pote. Il est pas mal, tu te dis que tu le baiserais bien. — Euh… merci… — Il semblerait que le Stade retrouve enfin sa forme. De beaux matches en perspective ? — L’avenir nous le dira. Pour l’instant, on se contente de travailler et de nous préparer au mieux. — Le tandem avec Klein t’a moins manqué que lors des derniers matches, on dirait… — Le Stade est une grande équipe avec de grands joueurs. Mais Ulysse est un très bon élément, et il apporte énormément à notre jeu. — Il doit te tarder qu’il retrouve le chemin du terrain ! — Evidemment ! — C’est pour bientôt ? — C’est aux soignants de le dire ! — Merci Jérémie ! Et encore félicitations pour ton match ! — Merci. Nico. Pour moi, l’année 2003 démarre dans une morosité persistante. Je pense toujours à Jérém. Il me manque, chaque jour un peu plus. Je repense souvent à ce mot, « un homme », qu’il a si clairement et si sonorement prononcé au sujet d’Ulysse. « Un homme », c’est ce qu’était mon cousin Cédric aux yeux de Papa un jour de la Toussaint il y a quelques années déjà, alors qu’il me voyait toujours comme un gamin à ce moment-là. « Un homme », c’est ce qu’est Ulysse aux yeux de Jérém, alors qu’il ne ...
... me voit probablement lui aussi que comme un gamin immature. « Un homme », c’est ce dont il semble avoir besoin. Ça avait l’air si clair dans sa tête ! Je me dis qu’il doit ressentir et ressasser cela depuis un certain temps. Ça fait un mal de chien de réaliser qu’on n’arrive pas à combler les attentes et les besoins de celui qu’on aime. Ça fait mal, mais le pire c’est que je n’arrive même pas à lui en vouloir. Je repense au chemin parcouru par ce garçon, d'abord tombeur de nanas, qui au début de notre relation ne voulait que me baiser et qui refusait catégoriquement d’assumer son penchant pour les garçons. Même s’il n’est toujours pas prêt à vivre tout ça au grand jour (et pour ça, je ne peux pas lui en vouloir, son contexte familial, et plus encore le contexte professionnel, n’étant pas vraiment propices à cela), il a fini par accepter sa vraie nature. J’ai le sentiment que le plaisir et les bons moments que nous avons vécus ensemble n’y sont pas pour rien dans ce cheminement. Je pense que notre relation lui a montré qu’il pouvait être aimé, qu’il le méritait, et que son destin n’était pas d’être toujours abandonné par ceux qu’il aime. Mais aujourd’hui, je ne lui suffis plus. J’ai toujours pensé que Jérém et moi étions plutôt différents. Au final, je réalise que nous sommes semblables dans ce besoin que nous avons d'être rassurés par l’autre. En avançant dans ma vie, je finirai par comprendre qu’au fond de soi, tout le monde a besoin d’être rassuré. Certains ...