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Genèse d'un salopard
Datte: 21/12/2024, Catégories: freresoeur, campagne, dispute, portrait, aventure, historiqu, Auteur: Iovan, Source: Revebebe
... douceur et la tendresse. C’est d’elle que je tiens tout ce que j’en sais. Maureen… ! Jamais, je n’ai rien vu d’aussi beau que son visage au teint clair constellé de taches de rousseur, accentuant ce petit air espiègle, qui arrivait même à amadouer Pop et qu’éclairaient de magnifiques yeux d’un bleu profond, presque violet. Une longue chevelure auburn encadrait le visage aux traits purs, accentuant encore la délicatesse de sa complexion. Elle était mince et souple comme les roseaux de la Cove Creek, et possédait cette grâce fragile et preste des faons que j’observais de mon affût, avant de les abattre. La contempler m’a parfois fait croire que le monde était beau. Maureen, ma belle Maureen… ma sœur… mon amour… Les six miles du trajet que nous avions à faire pour nous rendre à l’école étaient un enchantement, nous les parcourions main dans la main, comme deux amoureux… deux heures de bonheur. Nos peines, nos tracas, nos joies et nos espoirs d’enfants, tout passait à la moulinette de nos caquets, enfin libérés. C’est là que souvent Pop en prit pour son grade, avant que je ne fasse entrer la chose dans les faits. Nous nous sentions enfin libres de parler, de crier et de rire, plus libres encore que dans la chambre que nous partagions, dont nous avions fait notre sanctuaire où nous pouvions échanger nos confidences, mais seulement à voix contenue. Notre chambre… Du plus loin que je me souvienne, Maureen et notre chambre n’ont toujours fait qu’un, elle en ...
... était l’âme. Tout ici respirait la douceur, la paix et la sécurité. Notre chambre, notre havre. Ses quatre murs de rondins, grossièrement écorcés, où s’ouvrait au sud une seule petite fenêtre par laquelle entrait une lumière chiche, embaumaient la résine et le bois, et cette odeur fraîche et vivifiante, mêlée au parfum du foin, d’un fenil qui se trouvait juste au-dessus, reste l’odeur de mon enfance… D’autres senteurs s’y mêlèrent plus tard, l’odeur de la savonnette de Maureen, cadeau de Pop, qui fleurait la violette… ce parfum bon marché à la suave odeur de muguet que lui offrit tante Amy… Odeurs de la chambre… Odeurs de Maureen… Combien de fois après une raclée de Pop, Maureen vint-elle m’apporter son réconfort, me cajolant, m’embrassant… ! Combien de fois après les incessantes réprimandes humiliantes de la grosse Mrs Humperdink qui nous faisait la classe, apaisa-t-elle ma hargne et ma colère par ses paroles de raison ! Combien de fois après mes continuelles bagarres à l’école vint-elle apaiser cette violence qui me courait encore dans les veines ? Elle était mon soutien, mon secours, mon ancrage. Petit, elle me prenait sur ses genoux, me contait des histoires qui me faisaient rêver, comme l’aurait fait une vraie maman… Plus tard, c’est aussi sur ses genoux que je posais ma tête, me laissant caresser les cheveux, à la musique de sa voix. Combien de fois, alors, fermant les yeux sur le spasme qui m’étreignait le ventre et la poitrine, tournant la tête, alors que ...