1. Le premier mai, je fais ce qu'il me plaît.


    Datte: 15/12/2024, Catégories: fh, frousses, fête, portrait, Auteur: Jimmychou, Source: Revebebe

    ... salles de séminaires.
    
    Évidemment la situation précaire de la société n’a pas échappé aux employés qui s’attendent à l’annonce prochaine d’un plan social et j’ai, bien sûr, de nombreux échanges sur ce sujet avec Marianne, la déléguée du personnel, une femme de trente-cinq ans à la chevelure de feu, qui, avec ses tâches de rousseur, son petit nez légèrement épaté et ses dents du bonheur, a des faux airs de Marlène Jobert.
    
    Mon temps libre et l’activité réduite de l’entreprise ont permis à nos entrevues, jusque-là très formelles, d’évoluer vers des considérations plus personnelles et j’ai pu par ce biais obtenir pas mal d’informations concernant ma déléguée du personnel.
    
    Mère d’un garçon de seize ans qui habite majoritairement chez son père, Marianne n’a, depuis son divorce, pas eu l’occasion de rencontrer un homme digne à ses yeux de partager sa nouvelle vie. Il est vrai que pour oublier les péripéties d’une séparation relativement douloureuse, elle fit alors le choix de privilégier son engagement syndical à la recherche d’un successeur à son ex-mari.
    
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    Depuis le départ d’Audrey et Charles, les discussions que j’ai avec Marianne ont tendance à se prolonger au-delà de l’horaire contractuel et, ce jeudi 30 avril en fin d’après midi, alors qu’un long week-end s’annonce, j’appréhende le départ imminent de ma déléguée du personnel.
    
    — Je ne pourrai pas rester très tard cette après midi, m’a-t-elle déclaré avant que nous entamions notre négociation quotidienne. Car ...
    ... demain, je pars à l’aube avec des camarades venus de toute la vallée dans le car affrété par le syndicat pour nous permettre de participer au grand défilé annuel du premier mai à Paris.
    
    Devant mon air désappointé, Marianne se fend d’une petite phrase sibylline que j’imagine destinée à m’apporter un peu de réconfort.
    
    — J’espère que vous profiterez vous aussi de ce long week-end pour vous détendre. D’après la météo, nous aurons droit à un temps estival, me déclare-t-elle avec un gentil sourire.
    
    J’ai pu en effet à l’occasion évoquer devant elle, sans bien sûr entrer dans les détails, ma situation personnelle et malgré nos intérêts divergents, elle semble y attacher quelque importance.
    
    — Je ne sais pas trop, je vais bien sûr essayer de me reposer un peu. Je vous avoue que j’ai un peu de mal à dormir ces derniers temps.
    
    Marianne répond par un faible sourire au regard abattu que je lui adresse alors qu’elle s’apprête à quitter mon bureau.
    
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    Je viens enfin de trouver le sommeil lorsque mon téléphone se met à sonner. En découvrant l’heure fort matinale et le nom de la déléguée du personnel de mon entreprise sur l’écran de mon smartphone, je me sens gagné par une certaine inquiétude.
    
    Craignant un coup d’éclat des employés à la veille de la fête des travailleurs, je prends l’appel le cœur battant.
    
    — Je vous dérange ? demande Marianne d’une voix enjouée.
    — Je ne sais pas si c’est le mot adapté. Ce qui est sûr, c’est que vous venez de me tirer d’un sommeil ...
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