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0327 Au cœur de tous les Jérémie.
Datte: 09/12/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... Sarlat, Rocamadour, Futuroscope. Pour le 14 juillet nous allons voir Ulysse à Dunkerque. Nous sommes ensemble, nous sommes un vrai petit couple. Qui ne peut pas se tenir la main ou se galocher en public, certes, mais qui s’aime vraiment, un couple qui baise probablement bien plus que la plupart des couples hétéro parfois « trop affichés » que nous croisons. Nous partageons notre bonheur avec les quelques personnes qui méritent notre confiance, dont font partie les amis les plus importants, ainsi que nos familles. Et c’est l’essentiel. Le dernier week-end des vacances de Jérém, celui du 24 et 25 juillet, nous revenons dans le Gers, dans le domaine de Papa Tommasi. Jérém en a envie, il en a besoin. Il a besoin de passer un peu plus de temps avec ce père qu’il vient de retrouver après tant d’années d’incompréhensions. Il a besoin de retrouver ce lieu où il a été heureux enfant, avant de s’en sentir rejeté après le départ de sa mère. Il a besoin de revenir au pays, après tant d’années d’exil. C’est la deuxième fois que je reviens dans cet endroit en quelques semaines, mais je ressens toujours la même émotion et la même tendresse au contact des lieux de l’enfance de mon bobrun. J’avais déjà ressenti cette sensation à Campan, au contact des gens et des lieux qui ont connu mon bobrun à une saison de sa vie où j’ignorais tout de lui, y compris son existence. Mais dans sa maison d’enfant, dans sa chambre d’enfant, dans sa famille, là, je suis admis à un degré d’intimité ...
... encore supérieur. Et ça m’émeut profondément. Dans sa chambre d’enfant, Jérém sort une boîte à chaussures. A l’intérieur, des photos de lui, à trois ans, avec un bonnet rouge et un manteau tout aussi rouge, le regard noir, contrarié, le même que je lui ai connu plus tard, lorsque je l’ai vu en pétard. Les traits, sont ceux d’un enfant. Mais le regard très brun est déjà là. Au fil des photos, Jérém me raconte son enfance, sa relation plutôt fusionnelle avec sa mère, avant. Et puis, le drame que ça a été pour lui le jour où, vers ses neuf ans, cette dernière n’a plus voulu lui faire le bisou avant d’aller au lit, « parce que tu dois devenir un grand garçon ». Il me dit avoir toujours été persuadé que c’était son père qui était à l’origine de ce déchirement, qui avait imposé à sa mère de ne plus le traiter en enfant et de commencer à le traiter comme un grand garçon. Il me reparle du traumatisme qu’a été la séparation de ses parents, et celui encore plus grand qu’a été pour lui l’abandon de sa mère. Il me remercie encore de l’avoir convaincu de l’écouter à Capbreton, de lui avoir obligé à affronter ce traumatisme, et de commencer à le surmonter. — Ça ne me rendra jamais une enfance heureuse, mais ça m’a au moins permis d’évacuer la colère qui me suivait comme un boulet depuis plus de dix ans. Oh que ça fait du bien d’entendre ces mots ! La boîte à chaussures nous livre une photo sur laquelle figure Maxime, sur un petit vélo bleu ciel, l’air pas assuré du tout. Il ...