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L'essayer, c'est l'adopter
Datte: 05/12/2024, Catégories: fh, couleurs, asie, amour, mélo, rencontre, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... Baronne. Mon notaire les contacta, je fis une visite, mon cœur battait la chamade d’enthousiasme, mais je pris un air ennuyé. — Évidemment, il y a des possibilités, mais tellement de travaux… En quelques dizaines de minutes, leurs prétentions avaient baissé d’un quart. Je n’acceptai pas et demandai l’accès pour faire faire une estimation des travaux. À la suite de cela, je ferai une offre. Je voulais simplement que, travaux inclus, on ne dépasse pas leur première mise à prix qui était à ma portée. Ils comprirent vite, notaires aidant, que l’on était plus au temps des colonies de vacances et qu’une commune de région parisienne n’allait pas investir dans une maison bourgeoise de ce trou perdu. Ils avaient un client, c’était quasi miraculeux, il ne fallait pas le laisser filer. Le marché fut conclu, les travaux furent réalisés. Je pris possession de mon royaume, seul. Il fallait cependant l’entretenir, dedans comme dehors, et ce n’était pas rien. Ayant également fait rénover la petite maison de l’entrée pour y loger du personnel, je me mis en devoir de recruter des employés de maison, un couple si possible. Je reçus tout et son contraire : un couple tatoué se passant une cigarette roulée avec je ne sais quoi, un alcoolique avec une mégère et ses six enfants malingres, un autre couple qui s’engueulaient déjà sur ce qu’il y avait à faire… Et puis se présenta un couple un peu plus âgé, approchant la cinquantaine. Elle, un peu ronde, avait un visage ouvert et avenant et me ...
... faisait penser à Magda Schneider, la maman de « Sissi ». Lui était un taiseux, costaud et râblé, la tête dans les épaules, plutôt du genre Gabin. C’est elle qui expliqua que, suite au départ en retraite de son patron dans une entreprise paysagère, son mari s’était retrouvé au chômage. Ils n’avaient pas les moyens de reprendre l’entreprise, d’autant que son mari n’avait pas la formation pour la gérer. — Moi, j’suis fait pour être dehors, bougonna-t-il. Elle faisait des ménages dans les bureaux de deux entreprises, mais c’était trop juste pour faire bouillir la marmite. Et puis son mari tournait dans l’appartement comme un lion en cage. Elle s’extasia en visitant la maison, surtout en découvrant l’immense cuisine équipée, mais demanda du matériel d’entretien adapté : aspirateur, mono-brosse, etc. Lui se détendit un peu en parcourant le parc. Comme je lui demandai s’il ne trouvait pas cela trop grand pour un homme seul, il répondit : — Si j’ai le matériel qu’il faut, pas de problème. Vous aimez quoi comme fleurs ? — Euh… Bonne question, je n’y ai pas réfléchi… Les roses assurément, comme chez ma mère, autrement… je dirais toutes les vivaces, qui poussent spontanément au gré des saisons. — Ça me va ! J’aime pas les trucs compliqués. Les rosiers, on les installera là, une roseraie. Y en a déjà, mais faudra les tailler. — Nous avons une fille, ajouta Madame. Elle pourra venir nous voir ? — Mais, dans votre maison, vous serez chez vous et indépendants, vous ferez comme bon ...