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L'essayer, c'est l'adopter
Datte: 05/12/2024, Catégories: fh, couleurs, asie, amour, mélo, rencontre, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
Ça s’appelle, je crois, la réussite. Du moins une certaine forme de réussite. C’est ce que je pense en rentrant chez moi et en franchissant la haute grille de la propriété. Les larges pneus de ma Jaguar crissent délicieusement sur le gravier, j’entrouvre la vitre juste pour mieux les entendre, petit plaisir. Arrêt devant les larges marches du perron, oui décidément cette maison a de la « gueule ». Je n’en aurais jamais rêvé autant, et puis c’est arrivé. Alors il faut prendre et dire merci à sa bonne étoile. Au moins, sur le plan professionnel et social, j’ai réussi. Pour le reste… Pour réussir, il faut la conjonction de différents paramètres : travailler beaucoup, saisir les opportunités qui se présentent, avoir un peu d’ambition et beaucoup de chance, mais surtout rester honnête et fidèle à ses convictions. Un cocktail bien dosé de tout cela à la fois, on agite et on boit dans un grand verre, c’est comme ça que je l’ai vécu. J’y pense en sirotant mon traditionnel petit whisky, les yeux perdus dans la verdure du parc. Ma chance est venue de la malchance, au pire moment de ma vie… ooo00O00ooo J’avais monté un cabinet de conseil en formation pour les entreprises avec un copain. Ça fonctionnait plutôt bien, mais j’y passais beaucoup de temps. Effet ou conséquence, mon couple s’est mis à battre de l’aile. Et puis j’ai commencé à avoir des divergences de point de vue avec mon associé, qui courait les « coups gagnants », comme il disait, sans forcément asseoir une ...
... notoriété respectable pour le cabinet. Puis la comptabilité est venue amplifier mes craintes, ses agissements n’étaient pas neutres… pour sa poche. La même année, j’ai divorcé et j’ai quitté le cabinet que j’avais fondé. Il y avait trop de têtes que je n’avais plus envie de voir, alors je suis parti loin. Bien sûr, j’avais en poche à peu près la moitié de la valeur de la maison que j’avais construite, mais vendue en urgence à vil prix, et la valeur de mes parts dans ma société, largement sous-évaluées, mais peu m’importait. Fuir tous ces pourris était la seule chose qui comptait vraiment. Et puis j’avais de quoi tenir plus d’un an, largement le temps de retrouver un emploi. En fait, il ne m’a guère fallu plus d’un mois. C’est un groupe qui m’a recruté, fabricant de pièces détachées. Pour quoi ? Eh bien un peu tout, c’était là sa force, mais aussi sa faiblesse. Le grand-père du dirigeant actuel avait un atelier ; son père en a fait une usine et lui a racheté d’autres usines un peu partout, cherchant à devenir le numéro UN français de la pièce détachée. Si bien que telle usine travaillait pour l’automobile, telle autre pour l’aéronautique, telle autre encore pour des machines-outils, une autre enfin fabriquait des rangements modulaires, ces supports métalliques qui peuplent les hangars de stockage et font la structure des gondoles de supermarchés. Mon rôle était à peu près le même que dans mon emploi précédent, une sorte de DRH spécialisé dans la formation, la politique du PDG ...