1. L'essayer, c'est l'adopter


    Datte: 05/12/2024, Catégories: fh, couleurs, asie, amour, mélo, rencontre, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... avec les profits et n’était plus considérée comme le « bagne » de Charleville et la « danseuse » du groupe. Même la presse locale s’en était fait largement l’écho.
    
    J’avais perdu six kilos dans l’aventure, et il y a bien longtemps que j’avais oublié la promesse de mon PDG. Quand il me revit, il me mit en congé pendant quinze jours, me confiant les clés de sa maison de Port-Blanc, en Bretagne. C’était sympathique, j’avoue. À mon retour et à mon étonnement, le bougre tint parole. Il me fit installer un bureau près du sien et me nomma son adjoint, afin d’avoir le temps de me mettre au courant de tout. J’allais partout avec lui, assistais à ses rendez-vous, avais accès à tout, même au coffre. Petit à petit, il s’offrit quelques journées de repos ou de golf, me laissant gérer à sa place. En quelques mois, il ne passait plus au bureau qu’une ou deux fois par semaine, surtout parce que sa signature restait indispensable sur certaines pièces. Et puis quand vint le jour de ses soixante-dix ans, il organisa une grande réception dans sa propriété. Il y avait là au moins deux cents personnes, toutes les directions des cinq usines et les principaux partenaires, que du beau monde. L’heure du repas venue, prévu à l’extérieur sous de grandes tonnelles louées pour l’occasion, il monta sur son perron où un micro l’attendait. Il annonça publiquement qu’à partir de cet instant je devenais Président Directeur Général du groupe et m’en remit symboliquement les clés. Les gens de Charleville, de ...
    ... Toulouse et du siège applaudirent avec enthousiasme, les autres un peu moins, mais ils ne me connaissaient que par ouï-dire. Plus tard en fin d’après-midi, nous nous retrouvâmes dans son bureau avec le notaire, invité également. Je devais parapher et signer une impressionnante pile de documents. Quand j’eus terminé, n’ayant même pas eu le temps de lire tout ce que je signais, je remarquai :
    
    — Tout cela est bien beau, mais… dorénavant, qui prendra les décisions ? Pas celles du quotidien, bien sûr, je le fais déjà. Mais les décisions importantes pour le groupe. Comment nous organisons-nous ? Est-ce que je viens vous voir, est-ce que vous continuerez de passer régulièrement ? Dois-je attendre les conseils d’administration ? Je suis un peu dans le clair-obscur, là…
    — Mon cher ami, tout est réglé par ce que vous venez de signer. Vous avez tous les pouvoirs puisque vous êtes propriétaire du groupe.
    — Hein ? Mais… mais je ne pourrai jamais vous l’acheter, je vais être endetté à vie…
    — Calmez-vous. Croyez-vous que je vous aurais tendu un tel piège ? Vous me connaissez, je ne suis pas de ce bois-là. Mon cher, il y a l’argent et puis il y a l’œuvre de trois générations. L’argent, je pourrais en avoir à ne savoir qu’en faire. Il y a une demi-douzaine de multinationales qui m’ont fait des offres de rachat mirobolantes, je les ai toutes refusées. Je n’ai pas besoin de leur argent qu’il me faudrait en plus redonner au fisc. Vous verrez, à ce poste on gagne bien sa vie. Et puis dans ...
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