1. L'essayer, c'est l'adopter


    Datte: 05/12/2024, Catégories: fh, couleurs, asie, amour, mélo, rencontre, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... chef de production qui apaisa les esprits et expliqua qu’on n’avait pas trouvé mieux pour mettre les machines à l’abri le temps des travaux. Nous avions loué quatre nettoyeurs haute pression, il en aurait fallu dix. Mais le lundi soir, l’espace était presque net. Les peintres et les plombiers s’affairaient déjà dans les vestiaires et les toilettes, les camions apportaient des tonnes de plaques emballées, les monteurs érigeaient leurs échafaudages. Les employés, eux, étalaient à la pelle des tonnes de tout-venant pour recouvrir et supprimer toute la boue alentour. D’autres meulaient d’anciens scellements dépassant des murs et du sol, démontaient les circuits électriques et d’air comprimé vétustes. Le week-end entre Noël et Saint-Sylvestre, ils revinrent pour peindre le sol le samedi, certains restèrent même le dimanche pour coller les bandes de circulation et fixer les pancartes de sécurité et d’orientation. Fabuleux. Ils étaient tous passés par les mains des secrétaires, mobilisées pour prendre toutes les mensurations nécessaires aux nouveaux vêtements de travail, un petit plus pour le moral. Le trente et un décembre au soir, toutes les machines étaient à leurs nouveaux emplacements, testées et opérationnelles. J’étais carbonisé de fatigue, mais tellement content.
    
    Ceux qui l’étaient moins, c’était l’équipe dirigeante qui avait reçu son courrier de licenciement pour faute grave. Ils iraient au tribunal, à n’en pas douter, mais avaient toutes les chances de perdre. Leurs ...
    ... dossiers étaient chargés comme des mules, on avait en plus trouvé quelques traces de « cavalerie financière » dans les comptes. Sur ma proposition, c’est mon complice chef de production qui fut nommé directeur et tint à installer son bureau au-dessus des vestiaires, dans l’usine même. La surface était suffisante pour y déménager le secrétariat et la comptabilité, ça se ferait dans les jours suivants. Le bâtiment des bureaux serait transformé en réfectoire et espace de détente, mettant fin aux casse-croûtes sauvages pris sur le pouce, assis sur une caisse ou un bidon.
    
    Je fis le tour avec le nouveau directeur de tous les fournisseurs pour renégocier les prix. J’en profitai pour faire compléter une déclaration sur les fameuses « petites enveloppes », avec montants et dates, arguments massue contre l’ancien staff de direction, mais document exigé pour conserver le marché. J’y restai jusqu’au début du mois de mars, quand nous fîmes une opération « portes ouvertes » pour les familles et les amis. Les employés étaient fiers de leur entreprise, de leurs tenues de travail dans lesquelles ils posaient pour les photos souvenirs. On fit un vin d’honneur dans le nouveau réfectoire, et j’avais également utilisé ma « carte blanche » pour faire nettoyer et repeindre les extérieurs de l’entreprise. Les résultats ne se firent pas attendre. Au bout de six mois, la productivité avait augmenté de près de trente pour cent, les arrêts maladie diminué de quarante pour cent et l’entreprise renouait ...
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