1. L'essayer, c'est l'adopter


    Datte: 05/12/2024, Catégories: fh, couleurs, asie, amour, mélo, rencontre, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... que Madeleine me trouve en apportant le déjeuner.
    
    — Oh là là ! Mais qu’est-ce qu’il vous arrive ?
    — Ah je ne sais pas, hoqueté-je, une vertèbre déplacée, je pense…
    — Ne bougez pas, je vais chercher ma fille.
    
    Li accourt à la demande de sa mère et est là moins de deux minutes plus tard. Ce que je vois d’elle d’abord, ce sont ses pieds. Je ne peux même plus relever la tête. Je sens ses mains parcourir mon dos, puis l’entends appeler sa mère d’une voix suave et profonde :
    
    — Allô Maman ? Un lit c’est trop mou, par terre je ne pourrais pas agir. Dis-moi où tu ranges les tapis de table de salle à manger, comme un bull-gomme… oui, parfait… d’accord, merci.
    
    Je l’entends s’affairer puis elle revient vers moi.
    
    — Je vais vous déshabiller et puis on va aller jusqu’à la table. On va essayer de vous mettre dessus, d’accord ?
    — Je veux bien essayer. Mais Bon Dieu ce que ça fait mal !
    
    Elle a des gestes extrêmement précis et mesurés, et je me retrouve en boxer sans presque avoir eu mal. Ses mains parcourent mon dos courbé, s’arrêtent à deux endroits puis elle dit :
    
    — Je vois. Vous allez vous appuyer sur moi du bras gauche. Laissez le droit en paix. Et vous allez essayer de vous asseoir sur la table…
    
    Elle me guide, m’aide avec une force incroyable, me soulevant presque jusque sur la table. Je la découvre enfin ahuri devant une telle beauté. C’est… grandiose ! Les dieux se sont penchés sur le berceau de cette fille. Des traits d’une finesse, d’une délicatesse, ...
    ... d’une harmonie… jamais vues jusque-là. Ce n’est pas une femme, c’est… une princesse des mille et une nuits.
    
    — Vous allez laisser peser votre tête dans mes mains… complètement, n’ayez crainte je ne vous laisserai pas tomber. Là, laissez-vous aller, essayez de tout relâcher, vous ne risquez rien… encore, c’est ça…
    
    Je sens presque mes vertèbres toucher la table une à une et c’est chaque fois une torture effroyable. Elle passe la main sur ma poitrine et, me regardant dans les yeux avec ses deux incroyables amandes d’obsidienne, elle me dit :
    
    — Voilà une première étape franchie, vous êtes à plat. Reprenez-vous, on a tout le temps…
    
    Elle s’éloigne un peu pour fouiller dans une mallette. Elle est en blouse blanche au travers de laquelle je devine une jupe noire et un chemisier turquoise. La ligne est parfaite, les cheveux noirs de jais réunis en chignon. Quelle finesse, quelle silhouette racée ! Mais j’ai vraiment mal. Elle revient et se place derrière moi, penchant la tête pour me parler :
    
    — Ça va ? On va faire tout doucement. Relâchez-vous complètement…
    
    Même à l’envers, ses yeux sont superbes. Et son front, et son petit nez droit, et sa bouche… Putain, j’ai mal ! Pas de ce qu’elle me fait. J’ai même l’impression qu’elle ne me fait rien. Ses longs doigts plantés dans mes cheveux palpent délicatement mon crâne. Mais si, tout à l’heure je voyais la porte et là je vois le haut de la fenêtre, ça a bougé. Elle se reprend un instant, remet ma tête en position de départ et ...
«12...111213...22»