1. Quarante voleurs


    Datte: 02/12/2024, Catégories: humilié(e), contrainte, sm, attache, aventure, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe

    ... caressèrent ses dagues… Deux cents pas au plus. Deux cents foulées et elle y serait.
    
    Courbée en avant, la voleuse avait bondi et couru, bras aux corps et dagues en mains. Elle quittait enfin l’abri de sa cachette, abandonnant le roc qui l’avait abritée durant ses journées et ses nuits de guets interminables. Une cinquantaine de pas encore. Le roulement sourd. Un instant, Aylin eut peur. Puis, soudain, l’obscurité l’engloutit d’un coup.
    
    Elle était entrée…
    
    Il y avait des chances pour que l’affaire tourne mal. La voleuse le savait pertinemment. On n'avait rien sans rien. Elle avait eu une vie riche et bien remplie. Elle avait connu la misère en Irlande, son pays de naissance. Elle avait été pauvre, était devenue riche, avant de tout perdre à nouveau. Et riche encore. Puis simplement capable de vivre sans excès. Une roue qui tournait. La roue de la chance. La roue de sa vie. Aylin avait connu bien des malheurs comme bien des plaisirs. Elle avait beaucoup voyagé. Angleterre, France, Germanie, Italie et Espagne. Aylin Temple avait connu bien des histoires. La belle et si intelligente Églantine. Et avec elle, les vertiges des sens. Puis Aylin vivait un grand amour. Eduardo ! Beau comme un dieu, fier et courageux comme un lion. Trois longues années de bonheur et d’aventures avec son cher amant. Et puis une pendaison en Espagne. Le malheur et la rage. La solitude du cœur. Depuis son arrivée en terres africaines, la rouquine vivait des hauts et des bas. Il était temps d’en ...
    ... finir ! Tout d’abord, la chance lui avait souri… Et maintenant ?
    
    Pénombre et plus d’éclatant soleil. Des torches fixées à la pierre. Des lueurs troubles. Roulement de pierre, bruits de chaînes, grincements de cordages et de poulies. Un cri sourd. De l’arabe. D’autres cris gutturaux.
    
    Une ombre sur elle. Sa dague acérée ouvrant un corps. Le premier ! Corps qui s’affaisse. Pas un son proféré. Une mort silencieuse.
    
    Un bruit derrière elle ! Un souffle rauque. L’air frais bousculé. Aylin se baisse, buste droit, à genoux, son bras se courbe et se lève, plonge vers l’arrière. Un mouvement rapide et puissant. L’autre dague trouve un torse. Il fallait ça. Un torse, c’est dur à pénétrer. Aucun regard derrière elle. L’autre est hors de combat, ou mort.
    
    Mouvement vif et debout. La voleuse se jette en avant. Son épaule roule sur la roche, entraînant son corps dans une rapide rotation. Redressement et accroupie, Aylin frappe droit devant elle. Dagues filantes vers le haut. Un noir énorme lâche un râle, sabre encore levé. Le pillard s’effondre lentement en grognant. Lui mourra aussi. Les aciers déjà ensanglantés ont percé cœur et poumon.
    
    À l’ouest ! Course et coup de feu. Des cris encore. La petite arbalète lâche son trait avec un bruit sec. Un sifflement suivi d’un gémissement rauque. Un pistolet tombe et rebondit sur la pierraille. Carreau fiché. Un foie en bouillie. Le salaud mourra très vite.
    
    C’est calme. Aylin est accroupie, adossée à une paroi dure. C’est calme. Coup de ...
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