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Quarante voleurs
Datte: 02/12/2024, Catégories: humilié(e), contrainte, sm, attache, aventure, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe
... qu’à un vieux tapis à même le sol. Les premiers temps, elle grelottait dans les nuits, malade de froid. Puis elle avait dormi à même la roche, se couvrant du tapis. Aujourd’hui, elle pouvait s’allonger sur une paillasse épaisse. Elle n’était plus nue. Elle portait une sorte de toge beige. Du tissu grossier, mais elle n’était plus humiliée. L’Irlandaise avait droit à deux repas par jour. De la viande, et même des légumes frais. Des mets qu’Aylin avait oubliés. De l’eau fraîche à volonté. Personne ne l’ennuyait plus. Adila et un jeune et bel Italien nommé Aldo, passaient la voir matin et soir. La trouée au plafond de sa cellule avait laissé filer dix nuits… Il s’était assis à même le sol de pierre et la regarda un long moment en silence, Aylin restant tranquillement allongée sur sa paillasse, ses yeux gris braqués sur l’homme. Trente-cinq ans. Non ! Quelques années de plus… Catogan et chevelure de nuit. Des yeux azur. Une peau très mate qui mettait plus encore en valeur l’éclat des yeux. Visage aux traits lourds. Le visage d’un poussah. Barbe de jais, courte et soigneusement taillée. Il devait être de sa taille, ou un peu plus grand. Difficile à dire. L’homme était massif. Certainement puissant, mais le corps ne portait pas que du muscle. Boléro de cuir sombre rehaussé de motifs argent, chemise large rouge sang et pantalons bouffants anthracite, serrés dans de hautes bottes noires impeccablement cirées. — Aylin Temple… Tu étais dans un drôle d’état, m’a-t-on dit. Tu ...
... n’as pas dû être très sage avec tes pauvres gardiens. Dis-moi ? Une voix légère douce. Une voix détonante du personnage. — Qui es-tu ? — Ne joue pas les idiotes, l’Irlandaise. Tu sais qui je suis ! — J’aimerais te l’entendre dire. La rouquine s’était redressée et assise, souriait. Un sourire froid. Aylin avait pris sa décision. Elle ne serait pas esclave. Sa vie s’achèverait sous cette roche maudite. Au moins, elle aurait satisfait une parcelle de sa grande curiosité. Une curiosité qui l’aurait tuée au bout du compte. Les quarante voleurs n’étaient pas une légende. — D’accord, femme, si tu as du temps à perdre, pas moi. L’homme allait se lever quand le rire d’Aylin résonna sous la voûte rocheuse. Un rire grave et sonore. Et l’homme s’étonna aussitôt de comprendre que cet éclat de rire était vrai. Sincère ! — Le grand chef, Amir ! L’insaisissable bandit. Le tout-puissant maître des lieux. Tu as certainement de nombreux ordres à donner, là. Toi, le chef tant respecté de ses hommes. Le vénéré meneur des quarante voleurs ! Le rire encore. Presque joyeux. — Ou devrais-je dire le maître des trente-trois pourritures ? Tu as perdu quelques ordures en chemin, ô grand Amir ! À son tour, Amir lâcha un rire. Un rire presque silencieux. Doux. — Tu veux donc mourir, Aylin Temple ! Soit ! C’est un choix comme un autre. — Et m’accorderas-tu une dernière volonté, chef Amir ? — Pourquoi donc ? — Un échange de bons procédés. Les yeux gris brillaient comme de ...