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L'ours et la poupée
Datte: 22/11/2024, Catégories: fh, complexe, amour, init, rencontre, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... l’avance. Il avait pris une douche, s’était changé. Il avait mis son seul costume et sa seule cravate puis il s’était regardé dans la glace et avait tout enlevé. Un gros paysan endimanché, voilà de quoi il avait l’air, ridicule, une fois de plus. Il mit donc son jean habituel, bien qu’il fasse des poches aux genoux et qu’il soit un peu court et un pull en laine que sa mère lui avait tricoté. Il se regarda à nouveau dans le miroir, se reconnut et en resta là. Bénédicte avait aussi passé du temps dans la salle de bains et dans son dressing. Le résultat final ne lui convenait pas, mais il était vingt heures et trop tard pour recommencer. Quoi qu’il en soit, elle n’allait pas à un rendez-vous amoureux, cela n’avait donc pas d’importance. Mais elle se sentait mal à l’aise avec le rouge à lèvres, le vernis à ongles, le soutien-gorge à balconnets et la minijupe. Elle avait tout cela chez elle, au cas où, mais c’était des vêtements et accessoires qu’elle n’avait jamais utilisés. Elle avait même hésité à mettre des bas – des bas ! – mais elle s’était reprise et avait enfilé des collants en laine, jaunes comme le chemisier, la minijupe était rouge. Ses yeux étaient toujours aussi bleus, mais personne ne s’en apercevait jamais. Même Antoine ne l’avait jamais regardée dans les yeux. Peut-être d’ailleurs qu’elle ne le lui aurait pas permis. Ils se retrouvèrent devant l’entrée. Elle l’avait vu de loin qui dépassait les gens d’une tête et qui faisait les cent pas en attendant et ...
... dès qu’elle l’eut rejoint, la gêne recommença. Il hésita à la saluer, poignée de main ou bise. Finalement, il se pencha pour l’embrasser, mais elle eut l’impression que tout le monde les regardait et les trouvait ridicules, le géant et la naine alors elle recula et il se retrouva penché sur rien tandis qu’elle lui tournait le dos pour regarder les affiches de film, comme si elle ne le connaissait pas. Antoine paya les entrées et elle ne le remercia pas parce qu’elle regrettait de ne pas être seule comme d’habitude pour savourer un film. — Et ne me demandez pas si je veux du pop-corn, je hais les gens qui mangent du pop-corn au cinéma. Ça devrait être interdit, dit-elle simplement comme ils entraient dans la salle. Antoine ne répondit pas. Il ne parlait pas beaucoup en règle générale, mais avec Bénédicte c’était une catastrophe. Il aurait voulu s’exprimer et rien ne sortait. De plus, la plupart du temps, elle le choquait, le surprenait ; il avait toujours un temps de retard. Pourtant, il était tout de même bien avec elle, content, presque fier de s’asseoir à côté d’elle dans cette salle obscure. La jeune femme posa sa main sur l’accoudoir et Antoine se posa la question de poser sa main par-dessus. Il en avait terriblement envie, mais il ne le fit pas. Le film, « Huit et demi », le surprit également. Ce n’était pas le genre de spectacle auquel il était habitué, il trouvait le propos décousu et avait du mal à suivre. Et Bénédicte faisait son possible pour accentuer son ...