1. L'ours et la poupée


    Datte: 22/11/2024, Catégories: fh, complexe, amour, init, rencontre, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... malaise. Heureusement, il pouvait rougir dans le noir sans en avoir honte.
    
    — Tu as vu les beaux nichons de cette grosse, lui dit-elle à l’oreille, tu ne voudrais pas les tripoter un peu ?
    — Ça, c’est un baiser, dit-elle encore. Je parie que tu voudrais m’embrasser comme ça.
    — Les rêves des hommes, revint-elle à la charge, c’est toujours du cul. Toi aussi, tu rêves de cul ?
    
    Pourtant, Bénédicte se sentait méchante et bête. Elle aurait voulu se blottir contre lui et qu’il passe un bras autour de ses épaules. Mais elle ne pouvait pas s’empêcher de l’asticoter, probablement parce qu’il ne savait pas réagir et qu’elle tentait de voir jusqu’où elle pouvait aller. Plus tard, une fois seule chez elle, elle se sentit écœurée, comme si elle avait mangé trop de choux à la crème.
    
    Vers la fin du film, au comble de l’exaspération, elle lui pinça la cuisse aussi fort qu’elle le pouvait.
    
    — Aie, murmura-t-il, pourquoi tu me fais ça ?
    — Pour rien, répondit-elle en le pinçant une deuxième fois… pour voir si tu es encore en vie.
    
    Ils sortirent de la salle en silence et commencèrent de marcher côte à côte, allant d’un commun accord en direction de l’appartement de Bénédicte.
    
    — Tu es si ennuyeux. Allez, parle un peu, dit-elle au bout d’un moment. Comment as-tu trouvé ce film ?
    — Bizarre, répondit Antoine. Je pense que c’est un film qui parle de choses de la vie que je ne connais pas et je n’ai pas tout compris. Je crois que je devrais le regarder beaucoup de fois pour en ...
    ... profiter vraiment. Toi, je crois que tu le connaissais déjà, non ?
    — Oh oui, je l’ai déjà vu à de nombreuses reprises quand j’étais étudiante. Comment le sais-tu ?
    — Parce que, parfois, tu murmurais les répliques avant que les acteurs les disent. Je… J’ai trouvé ça extraordinaire. Tu es… une personne extraordinaire.
    — Ça veut dire bien ?
    — Bien sûr ! Mieux que bien !
    — Bon. Il vaut mieux un compliment venant de toi que pas de compliment du tout.
    
    Il y eut à nouveau un silence entre eux. Antoine écoutait le bruit des talons de son amie et Bénédicte se rappelait qu’elle avait eu honte quand il avait essayé de lui faire la bise et qu’il ne pourrait jamais y avoir une histoire entre eux.
    
    — Dimanche, on joue un match décisif pour le championnat et la montée, reprit-il.
    — On ?
    — Avec mon équipe de rugby. C’est au stade, à quinze heures. Tu pourrais venir me voir jouer.
    — Tu es bon au rugby ?
    — Très. Pas comme pour faire des compliments, là je sais que je ne suis pas doué.
    — Ça, c’est certain !
    — Tu viendras ?
    — Oh, je ne sais pas. Si je n’ai rien trouvé de mieux à faire, s’il ne pleut pas, si je n’ai pas oublié. Peut-être.
    — D’accord. Comme tu voudras.
    
    Après un énième silence, ils arrivèrent devant la porte de Bénédicte.
    
    — Tu sais que tu ne montes pas, dit-elle.
    — Je sais. Bonne nuit.
    
    Lorsqu’il sortit des vestiaires, Antoine essaya de ne pas regarder le public, mais il ne put s’empêcher de chercher Bénédicte des yeux. Il y avait une trentaine de personnes, ...
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