1. L'ours et la poupée


    Datte: 22/11/2024, Catégories: fh, complexe, amour, init, rencontre, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... semblait fragile et pourtant, elle avait un air décidé alors qu’il semblait si perpétuellement indécis.
    
    — Je m’appelle Bénédicte et mes amies m’appellent Béné, mais pas vous ; nous ne sommes pas amis, n’est-ce pas ?
    — Non, pas encore. Je m’appelle Antoine et je n’ai pas de surnom. Ah, si. Au rugby, certains coéquipiers m’appellent Bulldozer.
    — Alors, Bulldozer, dites-moi tout. Vous êtes amoureux d’une petite bibliothécaire rencontrée à la mairie ? Ça n’a pas l’air très sérieux, cette histoire, si ?
    — Je ne sais pas, répondit le jeune homme en devenant pivoine. C’est juste… Je voulais vous revoir.
    — Me revoir, pourquoi ? Vous croyez qu’une idylle peut naître entre nous ? Et le père Noël, vous y croyez encore ?
    — On pourrait… Oh, vous êtes dure… Parler, faire connaissance, je ne sais pas… Attendez-moi un instant, s’il vous plaît.
    
    Ils étaient arrivés sur la place centrale de la ville et un petit kiosque était ouvert. Bénédicte pensait à ses mensonges en attendant. Elle n’avait pas vraiment d’amies et sa sœur était la seule personne au monde à l’appeler Béné, elle n’aimait pas beaucoup sa sœur et ne la voyait jamais. Antoine entra dans le kiosque et ressortit rapidement avec un bouquet de fleurs mal enveloppé qu’il tendit maladroitement à Bénédicte.
    
    — Merci, dit-elle avec un petit sourire ironique. J’aurais préféré une barre chocolatée, mais c’est mieux que rien. Vous vous rendez compte que ces fleurs mettent fin à notre promenade ? Je ne peux pas continuer à ...
    ... déambuler avec ce bouquet à la main. Je vais donc rentrer.
    — D’accord. On pourrait… Je veux dire… Échanger nos numéros de téléphone ?
    — Échanger ? C’est hors de question. Dites-moi le vôtre. J’ai une mémoire de bibliothécaire, c’est-à-dire que je n’oublie jamais un nombre. On ne sait jamais, si je m’ennuie un jour, je vous rappellerai peut-être.
    
    Antoine dit son numéro et la regarda traverser la place. C’était un fiasco, mais il prit plaisir à voir sa petite silhouette s’éloigner, ses fleurs à la main. Il pouvait encore imaginer un instant qu’il la prenait dans ses bras. Elle était toute petite, mais elle avait des fesses bien rondes. Il allait pouvoir rêver d’elle encore cette nuit.
    
    Le mardi, alors qu’il était au travail, il reçut un SMS d’un numéro inconnu.
    
    Bénédicte avait essayé de reprendre sa vie de solitaire comme si rien ne s’était passé durant le week-end, mais les fleurs la regardaient depuis leur vase et la pizza surgelée du lundi soir lui resta sur l’estomac. Mais elle ne se décida que le mardi matin en découvrant le programme du cinéma. Il y avait un cycle Fellini à l’Eden et elle adorait ce réalisateur. L’idée de revoir un de ses films, seule dans la salle obscure, la déprima profondément. En même temps, ce gros Antoine était un idiot et n’allait rien comprendre. Tant pis, elle pourrait toujours s’amuser un peu en se moquant de lui, et peut-être lui soutirer un ou deux compliments réconfortants.
    
    Le mercredi soir, Antoine était devant le cinéma longtemps à ...
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