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L'ours et la poupée
Datte: 22/11/2024, Catégories: fh, complexe, amour, init, rencontre, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... brouhaha hystérique déclenché par l’arrivée du Père Noël. — Vous en voulez un autre ? demanda Antoine quand il vit le verre vide de la jeune femme. — Non, répondit-elle. Je crois que j’ai besoin de prendre l’air. Si j’arrive à sortir d’ici. — Si vous voulez bien, je peux vous accompagner, dit Antoine en rougissant à nouveau devant autant d’audace. J’en ai assez vu, moi aussi. Bénédicte accepta en silence, observant attentivement cet être si différent de tout ce qu’elle avait connu jusque-là. Ce garçon avait l’air empoté et stupide, mais il l’avait remarqué et il méritait donc un peu d’attention. Elle le suivit à travers la salle et personne ne se mit en travers de leur chemin, si bien qu’ils se retrouvèrent sur la place quelques instants plus tard. Ils firent quelques pas puis s’arrêtèrent pour se tourner l’un vers l’autre. Antoine se taisait, attendant comme un vieux chien que sa jolie rencontre le congédie. Quant à Bénédicte, elle fut un peu agacée de ce manque d’initiative et elle lui dit sèchement « Au revoir ». Même si la soirée était peu avancée, il faisait nuit et Antoine tenta le tout pour le tout : — Mademoiselle, s’exclama-t-il en lui prenant le bras, puis en le relâchant comme s’il avait pris une décharge électrique. Je pourrais… enfin, si vous voulez, je peux marcher avec vous. On ne sait jamais, avec la nuit… Il n’avait jamais fait ça auparavant, autant d’audace, il était à la limite de l’arrêt cardiaque. Bénédicte le regarda à nouveau avec ...
... intensité, surprise de cet intérêt manifeste pour sa personne. Elle sourit légèrement et Antoine ne savait pas si elle se moquait de sa gaucherie ou si elle le trouvait… Oh, comment le trouvait-elle ? — Je ne crois pas avoir vraiment besoin d’un chaperon, dit-elle. Mais si vous n’avez rien de mieux à faire, pourquoi pas ? Ce ne sera pas long, j’habite tout près. Ils marchèrent en silence, Antoine regardant ses pieds, n’osant pas la dévisager et Bénédicte le fixant régulièrement pour essayer de comprendre ce que faisait ce géant à ses côtés. Ils arrivèrent ainsi très vite devant la porte de son immeuble. Elle s’arrêta pour qu’il comprenne que la promenade était finie. Peut-être allait-il dire quelque chose ? Mais non, il semblait attendre. — Voilà, j’habite ici. Je ne vous invite pas à entrer, on ne se connaît pas. Et puis, je vais vous faire une confidence : ne vous faites pas d’illusions, je suis lesbienne. Bonne soirée ! Pour tous les deux, la nuit fut longue et agitée. Antoine, allongé sur son lit, revivait encore et encore chaque instant de leur rencontre et tentait de comprendre ce qu’il aurait dû dire ou faire pour que cela se passe mieux. Il savait bien qu’il avait été nul, mais comment être autrement que soi-même ? Il aurait peut-être fallu qu’il soit ivre. Il se répétait également tout ce qu’il savait de cette jeune femme, c’est-à-dire, pas grand-chose :« elle est petite, elle a les cheveux assez courts, ça lui va bien, elle a des yeux pleins de vie, mais je ...