1. L'ours et la poupée


    Datte: 22/11/2024, Catégories: fh, complexe, amour, init, rencontre, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... quoi, moi ? Ta vieille tante ? Ta petite sœur ?
    — Pardon, dit-il, et il l’embrassa sur la bouche, longtemps, en la serrant fort.
    
    Et là, presqu’étouffée au creux des bras de ce colosse plié en deux, elle sentit que c’est ce qu’elle voulait, pour toujours, être là et ne plus avoir à penser. Elle ne regrettait pas sa gifle.
    
    Ils déambulèrent dans le marché, se tenant par la main. Elle commentait ce qu’ils voyaient et il acquiesçait, hochait la tête. Elle essaya des boucles d’oreilles et il voulut les acheter, mais elle refusa. Elle regarda des pulls en laine de lama et il voulut en acheter un mais elle refusa. Finalement, dans un petit stand, elle trouva des sels de bain appelés : intimité, et sous-titrés « pour couple ».
    
    — C’est ça que je veux, dit-elle. Et quand il eut payé, elle ajouta :
    — Tu sais avec qui je veux prendre un bain ?
    — J’espère que c’est moi.
    — Peut-être. Tu verras ce soir.
    
    Ils commençaient à revenir vers l’appartement de Bénédicte, le long du fleuve. Ils se tenaient toujours la main et le rugbyman était toujours aussi peu bavard.
    
    — Tu ne dis rien. C’est que tu es bien ou que tu t’ennuies ? demanda-t-elle.
    — Je suis bien, affirma Antoine en lui serrant la main plus fort.
    — Tu ferais n’importe quoi pour moi, n’est-ce pas ?
    — Oui.
    — N’importe quoi ?
    — Oui, sûr.
    — Tu sauterais à l’eau si je te le demandais ?
    — Oui, dit Antoine avec conviction.
    — Alors, saute !
    
    Le fleuve s’écoulait, noir et glacé, dans le soir qui tombait. Bénédicte ...
    ... ne savait pas pourquoi elle avait dit ça, l’énervement, la frustration, la sensation de ne pas être celle qu’il fallait pour cet homme bon et simple. C’était une impulsion, comme la gifle, une stupide impulsion qu’elle regretta aussitôt, car Antoine lâcha sa main et sauta dans l’eau sans rien ajouter. La jeune femme pensa que son cœur allait lâcher tant elle eut peur. Antoine disparut un instant, puis réapparut, sans son bonnet qui flottait à côté de lui.
    
    — Antoine ! hurla Bénédicte. Sors de là tout de suite ! Imbécile ! Nage ! Sors de l’eau !
    
    Il se mit à nager tranquillement vers une descente pour bateaux un peu plus loin. Elle le suivait sur le bord en s’agitant et en criant. Quand il arriva à l’endroit où il avait pied, il se redressa lentement. Elle essaya de l’aider, mais elle se mouillait les pieds et ne servait à rien.
    
    — Viens ! On va à la maison. Tout de suite ! Il fait trop froid ! Tu vas tomber malade ! Tu es fou ! Pourquoi tu as fait ça ? Oh, pourquoi tu as fait ça ?
    — Ça va, dit-il avec le sourire, un sourire lumineux et tranquille qui la réconforta. Ce n’est que de l’eau, Béné. Mais je n’ai pas d’habits de rechanges.
    — Viens à la maison, j’ai un vieux peignoir de mon père qui est trop grand pour moi. Tu pourras peut-être te saucissonner dedans.
    
    Elle lui avait pris la main et le tirait le long du trottoir, comme une souris qui tenterait de tirer une locomotive.
    
    — Comment tu m’as appelée, au fait ?
    — Béné. Tu es mon amie maintenant, non ?
    — Mais ...
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