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Du rififi au hameau
Datte: 18/11/2024, Catégories: fh, voisins, campagne, amour, rencontre, Auteur: Arpenteur, Source: Revebebe
... j’ai surtout voulu lui faire plaisir, je dois avoir le béguin pour elle, c’est vrai qu’elle ne me laisse pas indifférent. J’ai du mal à reconnaître mes sentiments ; d’un côté je lui tordrais bien le cou, mais de l’autre… Et elle que pense-t-elle ? Je suis certain qu’elle ne désire pas une simple histoire de cul, je le vois dans sa façon d’être, ce n’est pas ça qui l’intéresse. Justement la voici, elle salue à peine nos voisins, ne s’adresse qu’à moi et, comble d’impolitesse, m’entraîne par le bras jusqu’à chez moi sans même prendre congé. Le repas se passe en silence, comme si nous n’avions rien à nous dire, ou plutôt comme si chacun avait trop de choses auxquelles penser de son côté. Mais tout se passe par les yeux, je la regarde, elle me regarde, que se passe-t-il entre nous ? Je sais que je n’irai pas voir les flics, parce que ça ne lui plaît pas et que je n’ai pas envie de lui déplaire. Cette concession me semble indispensable, même si ça fait de moi son complice. Jusqu’où suis-je prêt à aller pour elle ? Après le repas, elle ravive le feu et, plutôt que de retourner s’installer dans son coin sur le sofa, elle vient directement s’asseoir sur mes genoux : — Ce n’est pas parce que je suis une femme forte que je n’aime pas les situations un peu romantiques, dit-elle simplement en passant son bras autour de mon cou. Elle se fait chatte. — Prends-moi dans tes bras, serre-moi fort contre toi, dis-moi que tu m’aimes. — Parce que toi tu m’aimes ? — Qui sait ...
... ? En tout cas moi je t’« apprécie ». De façon dont elle dit ce mot, manifestement elle ne l’a pas digéré. C’est vrai que ça a été malhabile de ma part. — Et c’était qui, ces 36 000 personnes ? — Ah, c’est ça qui t’inquiète ? Un des deux connards, c’est mon ex, enfin lui se considère comme tel, mais nous n’avons jamais vécu ensemble et nous nous sommes fait des coups de pute… Sinon, pas grand-chose, un vacancier en juillet dernier, un autre l’année d’avant. Il y a toujours des gros balourds de Parisiens qui se disent« Tiens, une campagnarde seule, elle doit être en manque de sexe », mais bon, je ne suis pas une « Marie-couche-toi-là » si c’est ce que tu veux savoir, et ces rencontres sans lendemain ne m’intéressent pas vraiment. Si je me suis donnée à toi, c’est parce que j’en avais envie et parce que je me sens seule, et pas uniquement parce que j’avais la chatte en feu. Au fait, tu as quel âge ? — Je viens d’avoir soixante ans. — Trois de moins pour moi, comme ta salope de femme, elle ne pouvait pas me blairer celle-là ! — Je sais, mais si on pouvait éviter de parler d’elle… — Embrasse-moi, dis-moi que je suis belle ! C’était très bien au lit ce matin, mais tu n’es pas très bavard. — Dis-moi que ce n’est pas qu’une histoire de cul entre nous et que tu éprouves toi aussi des sentiments pour moi. — Je crois te l’avoir déjà dit ! Nous nous embrassons et nous nous câlinons tendrement tandis que le feu crépite dans l’âtre. Elle finit par s’endormir dans mes bras, ...