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Du rififi au hameau
Datte: 18/11/2024, Catégories: fh, voisins, campagne, amour, rencontre, Auteur: Arpenteur, Source: Revebebe
L’été, il y avait nettement plus de monde, en grande majorité des Parisiens qui avaient acheté des résidences secondaires à bas prix. Mais en plein hiver, nous n’étions plus que cinq à vivre au hameau des Raviers. Moyenne d’âge soixante ans, pour la plupart des retraités ou tout comme. Au-dessus de chez moi, dans la rue haute, Monsieur et Madame Blanchard, des Lyonnais qui avaient choisi ce lieu isolé pour y passer leurs vieux jours. Ils possédaient sans conteste le plus grand et le plus beau chalet du lieu-dit, mais ils devaient s’y faire chier à cent sous de l’heure. Un peu plus loin, Geneviève Rabout qui vivait ici depuis toujours(elle était née dans une fermette à quelques kilomètres de là) ; la pauvre vivotait chichement grâce à une maigre rente laissée par sa famille et ne recevait jamais aucune visite. Ensuite, dans la rue basse, votre serviteur. J’avais acheté cette vieille bicoque avec mon ex, nous devions en faire un pied à terre pour y passer des vacances au calme, et c’est tout ce qu’elle m’avait laissé lors de notre tumultueux divorce. Je bossais de chez moi, quand le réseau ADSL le permettait, c’est-à-dire assez rarement pendant ces mois d’hiver, et le reste du temps je m’essayais à la peinture(J’avais quand même déjà vendu cinq toiles sur une vingtaine de produites, ce qui n’était pas si mal). Enfin, à l’entrée du village, sévissait une certaine Jeanne-Marie qui faisait bande à part. Baba cool sur le retour, foncièrement asociale, elle ne parlait ...
... à personne et préférait vivre en autarcie. À peine « bonjour, bonsoir », on la voyait juste passer dans le chemin avec son éternelpick-up, ou parfois s’agiter, à la belle saison, dans les champs avec ses bêtes. C’était sans conteste la plus jeune d’entre nous, mais on ne pouvait guère lui donner d’âge, elle devait avoisiner les cinquante-cinq ans. Pendant la période estivale, elle s’occupait des locations et le reste du temps elle faisait du gardiennage. Depuis ma séparation avec ma femme, Geneviève Rabout m’avait pris à la bonne ; vu qu’elle n’était pas motorisée, je l’accompagnais fréquemment dans la vallée, pour voir un médecin ou pour faire des courses. Parfois, les Blanchard prenaient le relais, mais de moins en moins souvent, car lui était handicapé par une sciatique chronique et invalidante, et elle savait à peine conduire.(Les rares fois où elle avait pris la voiture, elle l’avait plantée dans le chemin). Par conséquent, c’était souvent mézigue qui assurait le ravitaillement de la petite troupe. En échange de quoi, Alexia Blanchard organisait régulièrement des veillées-repas, de quoi passer des soirées agréables et nous sentir un peu moins seuls. Nous nous retrouvions alors à quatre, l’autre cinglée refusant par principe d’y participer. Cet hiver-là avait été particulièrement rude, depuis des semaines il gelait à pierre fendre et la couche de neige était impressionnante. J’avais beau avoir des chaînes, la voie à peine carrossable qui menait à la vallée était ...