1. Du rififi au hameau


    Datte: 18/11/2024, Catégories: fh, voisins, campagne, amour, rencontre, Auteur: Arpenteur, Source: Revebebe

    ... difficilement praticable, il fallait rouler tout doucement et, par endroits, on distinguait avec peine les contours du tracé.
    
    C’est en revenant de faire des emplettes au seul Supermarché du bled, en fin d’après-midi, que je suis tombé sur ma voisine, elle errait complètement hagarde sur le terrain en contrebas. J’ai arrêté la voiture, suis descendu et l’ai appelée. J’avais beau crier, elle ne semblait pas m’entendre ; alors, escaladant la congère, je suis passé de l’autre côté pour aller à sa rencontre en coupant à travers champ. Quand je l’ai rejointe, elle semblait complètement perdue et encore plus frigorifiée. Du sang s’écoulait à divers endroits sur son visage, son cuir chevelu était manifestement entaillé. Si ce n’était ses cheveux gras et raides, Jeanne-Marie était méconnaissable. Je l’ai enrobée dans mon manteau et l’ai poussée fermement vers la voiture. Nous avons mis un temps infini à rejoindre celle-ci.
    
    Vu que nous étions tout près du hameau, j’ai préféré l’emmener directement chez moi plutôt que de redescendre tout de suite chercher un médecin ; je n’étais même pas certain d’en trouver un ouvert à cette heure-là. Malgré le sang séché qui lui couvrait le visage, après examen, ses blessures semblaient au final relativement superficielles, et ce dont elle avait présentement le plus besoin, c’était de se réchauffer, car elle grelottait dans ses vêtements trempés. Mais ce qui m’inquiétait le plus, c’est qu’elle n’arrivait pas à aligner deux mots. Quand je lui ...
    ... demandai si elle avait eu un accident et où était sa voiture, elle était totalement incapable de répondre et semblait à peine me reconnaître.
    
    Dans le but d’avoir un autre avis sur la question, j’ai délaissé provisoirement la blessée pour aller chercher Geneviève et Alexia en renfort. Lorsque je revins avec les deux voisines, la foldingue n’avait pas bougé d’un pouce, elle était figée, comme pétrifiée, devant la cheminée. Devant son mutisme, les deux femmes convinrent qu’il serait sans doute préférable de l’emmener à l’hôpital, voire d’appeler les pompiers. L’idée, aussi séduisante qu’elle puisse être, s’avéra malheureusement irréalisable. Comme souvent à cette époque, les moyens de communication étaient inutilisables, que ce soient les fixes ou les portables, il n’y avait aucune tonalité, impossible de joindre qui que ce soit. Quant à prendre la route, la tempête de neige avait repris, on y voyait à peine à trois mètres et il aurait été déraisonnable de s’y risquer.
    
    Nous décidâmes donc de veiller la traumatisée à tour de rôle. Après lui avoir installé un matelas sur le tapis face à la cheminée, mes deux voisines s’occupèrent de nettoyer ses blessures avant de la déshabiller et de la mettre en chemise de nuit,(une vieillerie qu’avait abandonnée ma femme et que j’avais retrouvée dans un carton). Ensuite on la recouvrit de couvertures bien chaudes. Alexia prit le premier quart tandis que j’allais prévenir son mari de la situation. Geneviève s’allongea sur la banquette, bien ...
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