1. Un jeu de cartes


    Datte: 05/11/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Philus, Source: Hds

    ... Pedro.
    
    — Je ne sais pas ; vous me direz après, répondit Rébecca en lançant la carte sur la table. Ce ne sera peut-être pas aussi pittoresque que l’histoire de Doris.
    
    Elle posa deux doigts sur ses paupières fermées pendant une seconde, puis entama son récit d’une voix un peu monocorde, du moins au début.
    
    — Ça ne se passe pas à Lyon, mais à Paris, j’avais dix-neuf ans. Le bac en poche, mais pas trop douée pour les études, j’avais quitté le foyer familial à Lille pour un boulot dans une brasserie du VIe vers Saint-Sulpice. À cause des horaires, j’avais opté pour une chambre meublée près de mon travail. Elle se situait au cinquième étage, sans ascenseur, d’un immeuble ancien rue de Sèvres. Quand on franchissait la porte cochère où l’on passait obligatoirement devant la loge de la concierge, on parvenait à une cour pavée. Les quatre immeubles, en carré, offraient chacun une entrée séparée. Moi, c’était au fond à gauche. La concierge râlait un peu quand je rentrais tard du boulot, mais elle savait que je n’y étais pour rien. Quelquefois, je lui rapportais une bouteille de vin à peine entamée par le client, mais entièrement payée, ça l’occupait pour la soirée et elle me pardonnait mes horaires tordus. J’avais droit à une journée de repos par semaine plus un après-midi. Ces journées n’étaient pas fixes, on les prenait par roulement pour que ce ne soit pas toujours les mêmes qui profitent du dimanche.
    
    Bien qu’elles fussent au dernier étage, toutes les chambres étaient ...
    ... pourvues d’un balcon, quoique minuscule. J’ai toujours aimé prendre des bains de soleil et, par chance, dans un placard, le propriétaire avait laissé un transat. Mes après-midi libres des mois d’été, je les passais allongée, nue comme un ver, à me faire dorer la pilule. Les seuls voisins qui auraient pu me voir étaient ceux qui habitaient au même étage que moi, mais lorsque c’était en semaine ils étaient au travail. J’en profitais largement, car même sans spectateurs, je reconnaissais là une forme d’exhibitionnisme et cela me troublait. À tel point qu’une fois à l’intérieur, je m’étendais souvent sur le lit pour me masturber longuement.
    
    Un après-midi du mois de juillet où le soleil brillait fort, je me suis installée comme d’habitude sur mon petit balcon pour une bronzette. Je fermais les yeux quand je réalisai soudain avoir aperçu une ombre bouger légèrement derrière la porte-fenêtre de l’immeuble d’en face. Sur mes gardes, je surveillai les alentours avec attention, mais ne revis plus de mouvement suspect. Alors je pensai au reflet d’un pigeon en vol dans les carreaux. Je baissais à nouveau les paupières, puis prise d’un doute, les relevai très vite. Je chaussai mes lunettes de soleil et là je distinguai clairement la tête de mon voisin qui m’observait avec des jumelles. Il ne se doutait pas que je l’avais repéré et le maintins dans cette ignorance. Mon exhibitionnisme était à son paroxysme et ma chatte dégoulinait d’une cyprine que j’essuyais comme je pouvais. Au bout d’un ...
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