1. Un jeu de cartes


    Datte: 05/11/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Philus, Source: Hds

    ... parvenait, cela confortait les trois autres dans l’idée que dans l’intimité, Estelle se montrait bien plus hardie qu’elle ne voulait bien le dire.
    
    — Alors, on commence ? proposa Pedro.
    
    — Oui, oui, répondirent en chœur Doris et Rébecca. Estelle souriait sans rien dire.
    
    Pedro ramassa le jeu éparpillé, le mélangea, demanda à Rébecca de couper et déposa la pile sur la table.
    
    — Qui commence ? interrogea-t-il ?
    
    Comme personne n’osait se lancer, on tira au sort et celui-ci désigna Doris. Résignée, elle prit la première carte du paquet et lut tout haut :— Racontez votre fellation (donnée ou reçue) la plus saugrenue.
    
    Les trois autres rirent de bon cœur.
    
    — Allez, allez ! Dis-nous tout, Doris ! encouragea Rébecca en tapant des mains.
    
    — Bon, d’accord, répondit-elle. Mais pas de jugement s’il vous plaît.
    
    — On est là pour s’amuser et pour rien d’autre, rassura Pedro.
    
    — Soit. Vous l’aurez voulu, concéda-t-elle en finissant son verre d’apéritif cul sec.
    
    Doris se cala confortablement dans son fauteuil et débuta son récit en fixant le mur en face d’elle. Celui-ci devint flou, les souvenirs affluaient…
    
    — Vous savez tous que j’ai étudié à Lyon. Je vous parle de l’époque où j’étais en dernière année alors que j’avais vingt-deux ans. Au CROUS où je résidais, je liai connaissance avec la fille qui avait la chambre contigüe à la mienne. Ludmilla était une très belle femme, une Roumaine de Bucarest qui terminait ses études en France pour parfaire son accent, car ...
    ... elle souhaitait être prof de français de retour chez elle. Grande, blonde, une poitrine et un cul de rêve, un joli minois, les garçons bavaient souvent devant elle, mais je ne l’ai jamais vue avec l’un d’eux.
    
    Nous sortions souvent ensemble. Avec mon peu de moyens, je voulais bien aller au cinéma ou en boîte quand, certains soirs, l’entrée des filles était gratuite, mais le restaurant était trop cher pour ma bourse. Alors c’est elle qui m’invitait et qui réglait l’addition avec des espèces dont j’ignorais totalement la provenance. Lorsqu’une fois je lui ai demandé si c’était ses parents qui lui envoyaient de l’argent, elle me répondit que non, mais qu’elle travaillait en soirée comme serveuse dans une boîte de nuit du quartier de la Croix-Rousse. Elle était payée normalement à l’heure, mais les clients lui laissaient, affirmait-elle, de fabuleux pourboires.
    
    Un jour, pour une énième invitation au restaurant, elle me proposa de venir la chercher à la discothèque à vingt-deux heures. Elle avait obtenu de son patron de partir plus tôt ce soir-là. J’arrivai un bon quart d’heure en avance et puisque le physio me fit signe d’entrer, je passai la porte. Un bruit d’enfer m’accueillit quand je vis soudain, sur la droite, Ludmilla jaillir de derrière une tenture comme un diable de sa boîte. Sans préambule, elle se précipita sur moi et me cria dans les oreilles en raison de la musique trop forte :— Vite ! Vite ! Il faut que tu me remplaces ! Viens !
    
    Je me laissai entraîner en lui ...
«1234...15»