1. Un jeu de cartes


    Datte: 05/11/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Philus, Source: Hds

    — J’ai acheté un nouveau jeu, annonça à haute voix Pedro en montrant une boîte en carton rose et blanc au bout de son bras levé.
    
    Quand il eut acquis l’attention de ses trois amies, il lança ladite boîte sur la table basse devant lui.
    
    Rébecca s’en empara, intriguée.
    
    — C’est vrai, ce jeu est tout neuf, il y a encore la cellophane autour. Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle en déchirant avec curiosité le papier transparent.
    
    — Ouvre ! Tu verras bien, lui répondit Doris impatiente.
    
    Quand Rébecca eut ouvert le paquet, elle en retira ce qui ressemblait à de simples cartes à jouer.
    
    D’où elle était, Estelle ne distinguait pas très bien ce que son amie avait dans les mains.
    
    — Bof, ce ne sont que des cartes à jouer, commenta-t-elle visiblement déçue.
    
    Rébecca les avait sorties complètement de l’étui et les consultait en éventail, un sourire en coin.
    
    — Des cartes, oui, mais pas n’importe lesquelles ! pouffa-t-elle en les lançant sur la table.
    
    — Oh ! Là, là ! s’esclaffa Doris en observant le jeu en détail. On va bien rigoler !
    
    Dans la soirée de samedi d’une banlieue lilloise, au cinquième niveau d’un immeuble récent, des rires sonores résonnaient sur le palier. Un rai de lumière filtrait sous la porte d’entrée d’un des trois appartements de l’étage. À l’intérieur, quatre personnes étaient assises autour d’une table de salon. Pedro avait servi l’apéritif, sans doute plus d’une fois si l’on en juge par la gaieté des convives.
    
    Pedro, Rébecca, Doris et ...
    ... Estelle étaient quatre copains d’une trentaine d’années. De vrais amis ; des amis de lycée qui n’avaient jamais eu d’aventures entre eux, mais qui n’hésitaient pas à se raconter leurs histoires les plus intimes, comme si chacun d’eux possédait non pas un, mais trois confidents. Pedro, le seul homme de la bande était du type méditerranéen. Noir de cheveux et de barbe, il était plutôt trapu. Ses dents très blanches et ses yeux bleu clair juraient sur sa peau basanée. Née à Houston, Rébecca était en France depuis sa primaire. Elle parlait excellemment bien le français, mais avec un léger accent yankee dont elle n’avait jamais réussi à se défaire tout à fait. Très grande, blonde, peu de poitrine, mais un beau fessier moulé dans des slims très à la mode, elle attirait les regards des hommes et des femmes. Doris, entre autres, admirait Rébecca pour sa silhouette élancée, car elle-même était plutôt petite et un peu potelée, sans excès toutefois. Son opulente chevelure rousse retombait en anglaises souples sur sa peau blanche couverte de taches de rousseur. Avec ses lunettes rondes cerclées de métal, tout le monde la trouvait à juste titre extrêmement attirante et sensuelle. Estelle enfin était la plus jeune. Cheveux châtain mi-longs, de taille moyenne, mais bien proportionnée de partout, elle aurait pu poser en bikini sans souci. Elle était aussi la plus timorée et hésitait parfois à parler de certains sujets, notamment sexuels lorsqu’il fallait entrer dans les détails. Quand elle y ...
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