1. Le remplaçant


    Datte: 19/10/2024, Catégories: nonéro, historique, policier, historiqu, Auteur: Brodsky, Source: Revebebe

    ... Renseignement Extérieur (l’A.F.R.E. ou « les Affreux » pour les intimes) était logée dans un des bâtiments du quartier Napoléon des Forces françaises stationnées à Berlin. Arnold Demanche, en tant que chef d’antenne, supervisait les trois services : Renseignements, chargé de la collecte des informations et dont était issu le lieutenant Channet – Actions, chargé des exfiltrations ou éliminations – et Recherches, où travaillait Montaigne qui analysait les renseignements recueillis.
    
    Faire passer un homme d’un service à l’autre était donc une formalité pour lui, mais il tenait cependant à s’assurer que la recrue en valait la peine.
    
    — Que savez-vous de ce qui s’est passé lors de la disparition de Robbie ?
    — Ce qu’on raconte, mon Colonel. Il s’est fait repérer au cours de sa dernière mission. Il a dû tirer sur deux flics de la Stasi et s’est jeté sous le métro.
    — Comment pouvez-vous savoir qu’il s’est jeté sous le métro ? Peut-être l’a-t-on poussé.
    — Sauf votre respect, mon Colonel, si les rouges avaient voulu l’abattre ils l’auraient fait ailleurs que dans le métro. Il est plus probable que Robbie se soit jeté sur les rails pour ne pas tomber entre leurs mains. Il avait trop de secrets à protéger.
    — Bien vu. Quoi d’autre ?
    — Robbie était trop malin pour s’engouffrer dans une voie sans issue sans avoir une bonne raison. La seule qui me vient à l’esprit, c’est qu’il a voulu cacher quelque chose dans une boîte à lettres morte située dans la station. Mais les services ...
    ... secrets est-allemands sont sûrement arrivés à la même conclusion et j’imagine que la station de métro a été fouillée de fond en comble.
    — Toujours juste Montaigne, bravo. Robbie ne se trompait pas sur vos capacités d’analyses.
    — Donc, nous avons perdu l’information…
    — C’est là où il vous reste des choses à apprendre. Oui, la Stasi a passé la station au peigne fin et, oui, ils ont trouvé l’enveloppe que Robbie avait cachée, mais…
    — Mais ?
    — Mais l’enveloppe était une diversion. Le véritable document avait été remis au guichetier du métro qui est l’un de nos contacts et qui nous l’a fait parvenir via une autre boîte à lettres.
    
    Arnold Demanche se saisit d’un stylo plume bas de gamme, comme on pouvait en trouver partout en ville, et qui semblait traîner sur son bureau. Il en retira la cartouche autour de laquelle était enroulé un petit ruban de papier, qu’il tendit à Montaigne ainsi qu’une loupe. Montaigne déchiffra :
    
    — Zola 9.22/10-22.10. Qu’est-ce que ça signifie ?
    — À vous de me le dire… À moins que vous ne préfériez passer la main.
    
    Montaigne resta à nouveau silencieux, un plus long moment cette fois, semblant peser le pour et le contre.
    
    — Si j’accepte, il me faut en savoir un peu plus, mon Colonel.
    — Sur quoi ?
    — Sur les opérations que Robbie assurait.
    — Comme vous devez l’imaginer, il restait succinct jusque dans ses rapports, afin de préserver le plus possible ses sources. Même ici, il y a, hélas, toujours la possibilité d’un traître ou d’une fuite. Sans ...
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