1. 0323 Une course contre la montre et beaucoup d’endurance.


    Datte: 01/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... je la colle au cul, à bord de sa belle allemande. Quand je regarde au fond de moi, je suis heureux. Car ce transfert est une première victoire. C’est le premier pas vers la sortie de toute cette merde.
    
    A 23 heures, l’ambulance se gare devant la clinique toulousaine. Il est tard, je tombe de fatigue. Je n’ai pas le courage d’aller voir Jérém. Il doit être fatigué, et il a besoin de se reposer pour être en forme demain matin.
    
    Qu’est-ce que ça me fait du bien, ce soir, de retrouver ma ville aimée, ma maison douillette, mes parents aimants.
    
    Cette nuit encore, le sommeil est difficile. Mais cette fois, c’est l’espoir qui me tient éveillé.
    
    Mardi 29 avril 2003.
    
    La nouvelle opération de Jérém est programmée pour le matin. Je passe toute la journée à attendre. Heureusement, je ne suis pas seul à attendre. Maxime est là à la première heure. Le petit brun est aussi inquiet que moi, mais du mélange de nos peurs nous tirons un certain soulagement. Nous nous soutenons mutuellement, avec des mots, avec la simple présence de l’autre.
    
    Nous parlons longuement de la chance inouïe d’avoir rencontré ce chirurgien dans le train, et du fait que jai gardé sa carte, ce qu’il n’a pas fait.
    
    — Je suis confiant dans le fait que l’opération va bien se passer, me glisse le petit brun. Ce qui me fait le plus peur, c’est comment Jérém va affronter la convalescence. Ça a été dur la première fois de lui garder la tête hors de l’eau, j’imagine que là ça va être encore pire.
    
    — Je ...
    ... préfère ne pas y penser pour l’instant, j’admets.
    
    — Ça a été dur, hein ?
    
    — Ne m’en parle pas. Je comprends qu’il souffre, mais rester à côté de lui est très dur.
    
    — Si tu veux, je peux prendre le relais.
    
    — Non, ça ira, merci. Je vais aller jusqu’au bout.
    
    — Tu es vraiment un bon gars, Nico.
    
    — Je fais juste ce que je peux pour l’aider.
    
    — Je ne sais pas comment tu as fait…
    
    — J’ai pris sur moi, et j’ai essayé de penser à des jours meilleurs.
    
    — Oui, ça j’imagine bien. Mais je parlais de comment tu t’y es pris pour convaincre Jérém de laisser Maman lui parler.
    
    — Ah, ça… je lui ai juste dit qu’il serait plus heureux en se débarrassant de sa colère.
    
    — En tout cas, ça a été une réussite. Maman en pleurait de joie quand elle m’a appelé pour me l’annoncer.
    
    — Ça me fait plaisir. Jérém était très heureux aussi. Ça lui a fait du bien d’évacuer tout ça de son esprit.
    
    — Jérém t’écoute quand-même, plus que moi. T’as un bel ascendant sur lui, beau-frère !
    
    Beau-frère. Comment ils me font du bien ces deux mots reliés par un tiret. Je n’avais jamais réfléchi à cela, au fait que techniquement Maxime et moi étions beaux-frères. Mais le petit brun y a pensé. Et ça me met du baume au cœur.
    
    L’intervention prend fin vers midi. Maxime arrive à parler au chirurgien dans la foulée. L’intervention s’est très bien passée. Nous sommes tellement soulagés, nous avons besoin de laisser notre joie s’exprimer, nous nous enserrons dans les bras l’un de l’autre, en ...
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