1. 0323 Une course contre la montre et beaucoup d’endurance.


    Datte: 01/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... dors pas beaucoup cette nuit.
    
    Lundi 28 avril 2003, 8h00.
    
    Je suis réveillé depuis plusieurs heures, depuis toute la nuit en fait. A force de compter les minutes, mon impatience est devenue insoutenable. Et la fatigue ne fait que la rendre encore plus insupportable.
    
    Je rappelle le chirurgien à huit heures trente, je tombe encore sur son répondeur. Je commence à me sentir irrité, frustré, je commence à perdre espoir. Je n’ai pas de nouvelles de Jérém, et je ne peux pas aller le voir sans un dossier solide pour lui redonner de l’espoir.
    
    Il est 9h30 lorsque mon téléphone sonne enfin. La sonnerie me fait bondir, le numéro qui s’affiche, avec l’indicatif de Toulouse, met mon cœur en fibrillation.
    
    — Je me rappelle très bien de vous, me lance le chirurgien. Il va comment Mr Tommasi ?
    
    — Pas bien en ce moment. La rééducation commençait à porter des fruits, mais le tendon d’Achille n’a pas tenu.
    
    — La rupture itérative est ce qu’on redoute le plus dans ce genre d’opération. Il suffit d’une imprudence, un peu trop tôt, pour anéantir tout le travail du chirurgien et devoir tout recommencer à zéro. Il faut réopérer au plus vite.
    
    — C’est ce qu’a dit le chirurgien du Centre. Mais il ne veut pas l’opérer car il pense que c’est très risqué, plus risqué que la première fois.
    
    — Toute action est risquée, mais rien n’est impossible. Je vais aller le voir, je vais regarder son imagerie, et je vais me faire ma propre idée.
    
    — Il faut que vous sachiez que Jérém refuse ...
    ... d’entendre parler d’être opéré à nouveau.
    
    — Ouais, c’est ce qu’on va voir. Je m’en occupe. Je pars en fin de matinée et je suis au Centre dans l’après-midi.
    
    — Je vous préviens, il n’est pas facile en ce moment !
    
    — Un sportif blessé est rarement un gars facile. Mais ça fait plus de trente ans que j’en vois, et je commence à savoir comment m’y prendre. Votre ami va entendre ce que j’ai à lui dire. Et je vous promets que je vais lui faire entendre raison.
    
    — Merci Monsieur.
    
    — Avec plaisir, jeune homme.
    
    Les mots du chirurgien et son assurance m’ont beaucoup touché. Sa confiance en la réussite d’une nouvelle opération m’a redonné espoir. Je suis au bord des larmes.
    
    A 15 heures, le chirurgien est au Centre. Son entretien avec Jérém ne dure guère plus qu’une petite demi-heure. Juste le temps de regarder l’imagerie du patient et de donner son avis.
    
    Le mec ne plaisantait pas. C’est pas un rigolo. L’assurance qu’il m’a montrée le matin au téléphone n’était pas en toc. Et ses arguments ont visiblement fait mouche chez le rugbyman blessé.
    
    — Je l’opère demain matin à la première heure. Vous verrez que demain soir il sera un autre homme.
    
    — Je ne sais pas comment vous avez fait pour le convaincre, mais merci, merci infiniment, docteur.
    
    — Avec plaisir, jeune homme.
    
    Le docteur Dupuy s’occupe d’obtenir l’accord de la direction du Stade. Le fax tombe en fin d’après-midi. A 19 heures, une ambulance quitte le Centre en direction de Toulouse avec Jérém à bord. Et moi ...
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