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0323 Une course contre la montre et beaucoup d’endurance.
Datte: 01/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
Alors que la rééducation de Jérém entrait dans une phase prometteuse, un nouvel accident est venu ternir l’horizon de mon beau brun. Le tendon d’Achille a lâché de nouveau. Et une nouvelle opération s’avère nécessaire. Mais Jérém n’y croit plus. — Je ne me ferai pas charcuter à nouveau ! il rugit. — Et tu vas faire comment pour récupérer ? — Le rugby c’est fini pour moi. De toute façon, je l’ai su au moment même où le mec m’a percuté pendant le match. Le voir pleurer me fait un mal de chien. Je tente de lui faire sentir ma proximité et mon empathie en le prenant dans mes bras. Mais le rejet que je redoutais tant finit par tomber. — Putain, mais lâche-moi ! Casse-toi, Nico, casse-toi ! Casse-toi et fiche-moi la paix pour de bon ! Malgré ses mots durs et blessants, je décide une fois de plus de prendre sur moi et de tenir bon. Je m’accroche. L’enjeu est trop important pour faiblir maintenant. Il faut trouver un moyen de le convaincre de se faire réopérer par un chirurgien qui veuille bien le réopérer. Il faut à tout prix que je trouve une issue à ce problème. Ça ne peux pas se terminer comme ça ! Mais j’ai beau réfléchir, je me sens dans une impasse. Je sais que chaque minute qui passe amenuise un peu plus l’espoir de réussite d’une nouvelle intervention. Je me sens emporté par une véritable course contre la montre, et j’ai du mal à réfléchir. Dans la salle commune du Centre, j’étouffe. J’ai l’impression de vivre un cauchemar. Je me sens horriblement ...
... impuissant face à la malchance qui vient encore de frapper le garçon que j’aime. J’ai l’impression de devenir fou. Je ne peux plus rester à attendre assis sans rien faire. Je me lève d’un bond, je sors du Centre. Je vais me balader sur la plage, sans but, emporté par une force qui me dépasse. Le jour décline, et le soir approche en amenant avec lui toutes les angoisses dont il a le secret. Le vrombissement des vagues accompagne mes pas et mes pensées. Je marche longtemps, je marche loin. Je marche avec l’océan à ma gauche, je marche en direction de Bordeaux. Comme si ma vie d’étudiant m’appelait, loin d’ici, de toute cette souffrance. J’ai envie de revoir Albert et Daniel, Monica, Raphaël, Cécile, Fabien. J’ai envie de retrouver ma vie d’avant, avec ses hauts et ses bas, mais relativement sereine. Je n’en peux plus de cette inquiétude, de cette violence morale. Je n’en peux plus de voir Jérém souffrir, tirer la gueule, me hurler dessus, me balancer des mots qui me font mal. Je comprends que ce n’est pas lui, je comprends que c’est la peur qui le fait réagir ainsi. Mais c’est dur, très dur. Et pourtant, je ne peux pas le laisser tomber, je ne peux pas. Il faut que je trouve le moyen de faire en sorte que Jérém accepte d’être opéré. Mais comment m’y prendre ? Comment contrer son refus catégorique ? J’ai l’impression que ma tête va exploser. Soudain, au milieu de ce désarroi total, un souvenir, une image, un mot remonte à ma conscience et allume une petite lumière ...