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Blowin’ in the wind
Datte: 28/09/2024, Catégories: exercice, journal, confession, mélo, portrait, historique, aventure, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe
En 1966, le marin Francis Chichester partit d’Angleterre pour rallier l’Australie, et revint le 28 mai 1967 après avoir franchi les cinq caps mythiques à la barre de sonGipsy Moth IV de 16 m. Il lui fallut 226 jours, 274 en comptant son étape à Sydney, établissant le record du tour du monde le plus rapide à bord d’un voilier de moins de vingt mètres. Cet aventurier suscita alors un énorme intérêt et fit la couverture du journalThe Sunday Times. Il fut fait chevalier par la reine Elizabeth II et devint également une source d’inspiration pour de nombreux navigateurs désireux de prendre son sillage. Un dernier défi restait malgré tout encore à relever : réaliser cet exploit, toujours en solitaire, mais surtout sans escale. En mars 1968, la Sunday Times Golden Globe Race était annoncée et, afin de convaincre les plus hésitants, offrait un prix de 5 000 livres Sterling à celui qui effectuerait le meilleur chrono pour avaler les 30 000 milles nautiques à parcourir. Neuf marins à la pratique et aux vécus bien différents larguèrent du coup tour à tour les amarres de leur voilier. Donald était l’un d’eux et voyait là un moyen de promouvoir ses propres innovations en matière de navigation. Il s’élança à bord d’un trimaran Piver de 42 pieds. Ce type de navire comportait des avantages, une surface mouillée réduite et donc une vitesse accrue par rapport à celle des monocoques, mais aussi quelques inconvénients.Eh oui, contrairement aux bateaux plus classiques, le sien ...
... remontait moins bien au près2, et surtout, ne se redressait pas en cas de chavirage.Qu’à cela ne tienne, les allures portantes3 lors de ce tour du monde seraient la norme… De plus, Donald avait conçu une bouée bourrée d’électronique à placer en haut du mât, programmée pour déclencher le remplissage ou la purge des Ballasts situés dans les flotteurs, elle créerait selon lui le contrepoids nécessaire pour éviter à son voilier de se retourner. Son bateau lui fut livré quelques semaines avant le départ. Certes, un délai un peu court pour le prendre en main, jauger ses réactions, sa fiabilité et son comportement, mais Donald s’élança malgré tout de Teignmouth(Devon) le 31 octobre 1968, pour la grande boucle. Il était de loin le moins expérimenté des neuf concurrents, mais sans conteste le plus médiatisé, la BBC lui ayant d’ailleurs confié une caméra et un magnétophone pour lui permettre de raconter son périple. Je suis le dernier à m’élancer, la météo est plutôt clémente en ce doux après-midi d’automne et me voilà enfin parti. Je prends la direction des Açores avec l’espoir que tout se passera bien. En effet, je suis loin d’être rassuré : le projet est beau, mais je ne suis pas dupe, ni mon bateau ni moi ne sommes prêts. Je n’ai pourtant pas le choix… je dois boucler ce tour du monde si je ne souhaite pas tout perdre, c’est dans le contrat, je me suis engagé auprès de mon sponsor et ai hypothéqué mes biens pour financer ce projet. Une bonne brise me pousse, la mer est belle. Le ...