1. Mirenxu


    Datte: 26/09/2024, Catégories: fh, jeunes, confession, Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... bleu d’un ciel pur troua les nuages et mars « qui rit au milieu des averses » nous offrit une vue sur la montagne digne d’une carte postale. Lançant à l’assaut d’un ciel de cérulée, leurs pyramides d’un blanc éblouissant les crêtes se prenaient des allures himalayennes de Nanda Devi.
    
    Je sautai dans mes chaussures de rando, attrapai le trousseau de clés…
    
    Trois quarts d’heure plus tard, j’étais sous le deuxième ressaut, juste avant la longue « bavante » qui amène au sommet.
    
    J’avais fait la montée au pas de course, dans l’enthousiasme de baigner dans cette féerie… et je me rendais compte que la marche dans cette neige épaisse et humide était difficile, et que je commençais à être… un petit peu crevé…. Je m’arrêtai donc pour souffler.
    
    C’est là que j’aperçus deux silhouettes, perdues dans tout ce blanc, qui redescendaient.
    
    Curieux ! J’étais pourtant bien sûr d’être le seul à être monté… Aucune trace ne me précédait. Je m’assis sur un rocher, duquel je dégageai la neige, enlevai mon pull, bus un bon schlouk à ma gourde et allumai une Gitane. J’étais bien…
    
    Les deux silhouettes approchaient… la seconde, avec l’anorak rouge… C’était Toi.
    
    L’anorak jaune, je ne le connaissais pas mais je sus de suite qui il était pour toi… Une belle beigne… toute en ralenti…
    
    C’est toi qui parlas la première :
    
    — Oh ! Bonjour… ! Alors vous êtes monté, vous aussi…
    
    Oui, Vous ! Jamais nous ne nous sommes tutoyés, n’est-ce pas, chérie…
    
    Le Basque ne tutoie pas : le mari ...
    ... utilise le « Zu » de respect quand il s’adresse à son épouse l’« Etcheko Anderre », la maîtresse de maison, ainsi en va-t-il pour les enfants à l’égard de leurs parents. Le tutoiement existe, le « to », qui n’est utilisé que pour l’inférieur ou le mépris.
    
    — Bonjour Mirenxu. Bonjour… Oui, c’était si beau, vu de chez moi… Je me suis dit qu’il fallait en profiter.
    
    Le gars me tendit la main.
    
    — Bixente ! Je suis le fiancé de Mirenxu…
    
    Bixente… ! ! Comment je lui aurais baffé sa gueule de petit minet sportif avec un plaisir, au Bixente… ! Au lieu de quoi (faux-cul, comme vous et moi) je serrai sa main tendue, et me présentai avec un sourire.
    
    Nous nous mîmes à blaguer un moment. Il parlait beaucoup, ce qui m’évitait d’avoir à trop le faire. C’est là qu’il m’apprit que vous étiez montés par Onetza, ce qui expliquait l’absence de traces sur le chemin de Lauariak, et que vous n’étiez pas montés jusqu’au sommet.
    
    Toi, tu anapurnais… le regard fixé sur les crêtes dont la contemplation semblait beaucoup t’absorber. Nous nous regardions parfois, à la dérobée… comme d’habitude.
    
    —Tes yeux… tes yeux, chérie… je n’ai rien vu de plus beau… je n’en ai pas eu assez.
    
    C’est la dernière chose que je vis de toi quand, en partant, tu te retournas.
    
    — Adio… !
    — Adio !
    
    Regard prolongé, sourire, petit geste de la main…
    
    Adieu, ma Belle… tu disparus au coude du sentier.
    
    Je restai un moment assis sur mon rocher, genre penseur de Rodin, mais, genre con. Très con… et le penseur ...