1. Mirenxu


    Datte: 26/09/2024, Catégories: fh, jeunes, confession, Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... jamais, ne dit son nom…
    
    La vie nous tenait, te courbant sur tes obligations, comme elle me pliait sur les miennes, avec ses contrats tacites qu’il fallait honorer, ces devoirs qu’il fallait remplir, ces bonnes figures qu’il fallait faire ! Comme on nous apprend mal ! Comme nous étions tous deux trop sages et raisonnables… ! Nous n’avions pas eu le temps d’apprendre à nous désobéir.
    
    Il s’en est fallu de peu… d’un peu de temps, de sagesse, pour accepter notre… folie ? Dis-moi… Où était-elle, la sagesse ? Où était la folie ?
    
    Avec tout ce temps, et ce qu’il a fait de nous… La comédie de la vie s’est bien chargée d’intervertir les rôles… Passez, muscade… !
    
    J’essayais de te voir et recherchais les occasions de te rencontrer. Dans ces moments où tout devait passer par un autre langage, c’était le frôlement de nos regards, nos sourires, les propos qui se voulaient légers, les tentatives pour être drôle, séduire quand même…
    
    Et puis, le bonheur, malgré tout, quand il me fallait partir, la mort dans l’âme, d’avoir pu te voir, avoir pu… à la sauvette… contempler ton visage, avoir vu le sourire dans tes beaux yeuxtes yeux, chérie… tes yeux de jade et d’or avoir pu entendre ta voix, ton accent charmant… la rage d’avoir eu si peu… Demain… demain, je reviendrai… demain.
    
    Le manège tourna longtemps…
    
    Et, il y eut ce matin de mars, où le Nord-Ouest abattit cette tempête, dont ici tout le monde se souvient, qui fit chuter, du jour au lendemain, les températures de près de ...
    ... vingt degrés et se déchaîna sur nos Pyrénées.
    
    Nos montagnes sont les premières en ligne, face aux vents marins et quand l’océan déclare la guerre au monde, autant il sait attiédir les matins de printemps, et apporter la douceur aux soirées d’octobre, autant il peut, avec la brutalité de ses colères imprévisibles, transformer notre coin de paradis en enfer.
    
    Tôt ce matin-là, le ciel se couvrit, par-dessus la montagne… rapidement, un couvercle de plomb, qu’éclairait le soleil levant d’une lumière irréelle, obscurcit le ciel. À une vitesse étonnante, la horde des nuages bascula par-dessus le toit et avala la lumière d’Est…
    
    Alors, ce fut un déchaînement titanesque, impressionnant, tel que j’en ai rarement vu.
    
    Des éclairs striaient un ciel de nuit, alors que la grêle se déchaînait dans un vacarme assourdissant, le vent hurlait en rafales, fouettant les croisées, faisant claquer les volets, tordant les arbres… le grondement du tonnerre se répercutait en écho dans la vallée… C’était d’une beauté sublime !
    
    Et je pensai, « goxoki »*, dans l’abri sûr de la maison ancestrale, au berger parti tôt ce matin visiter ses brebis, au randonneur, tout au plaisir de son effort, surpris par la terrible tempête… espérant qu’eux aussi aient pu trouver refuge et s’en protéger.
    
    Puis il neigea. Toute la matinée et une partie de l’après-midi, calmement, avec une patience tranquille et appliquée.
    
    Vers trois heures, la neige ne tombait plus, une déchirure se fit dans la grisaille… le ...
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