1. Tout se joue le 18 juin.


    Datte: 13/09/2024, Catégories: Humour aventure, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... jalouse, n’est-ce pas ? Mais ces femmes qui t’attendent à l’hôtel, qui sont venues parce que tu les as appelées au secours, tu ne peux pas les laisser dans cette incertitude, tu dois aller leur parler.
    
    Je n’ai aucune envie de le faire. Je suis un lâche et je ne connais que la fuite pour me sortir des situations épineuses. Pourtant, le regard d’Adeline ne me laisse pas le choix et je me retrouve à ses côtés dans le hall de l’hôtel, tous les yeux de toutes ces femmes qui ont traversé la Manche en imaginant un week-end de rêve avec un étalon romantique se tournent vers moi. Je vais jusqu’à l’accueil et le sourire de l’hôtesse m’indique qu’elle est au courant de ce qui se passe. Je lui demande de m’ouvrir un salon privé pour recevoir « mes amies » et nous voilà toutes dans une salle de conférence (le féminin n’est pas une erreur. Malgré les conventions de la langue, je pense que ma présence ne suffit pas à justifier un masculin pluriel).
    
    Je tremble un peu et je ne regarde personne. Adeline pose une main sur mon épaule, alors je me lance :
    
    — Celles qui me connaissent savent que je ne suis pas un intellectuel, mais plutôt un homme d’action. Sauf que cette fois, je suis désolé, mais de l’action, il n’y en aura pas. Elles savent aussi, je pense, que je suis plutôt irresponsable et que j’assume rarement mes conneries.
    
    Là, il y a des rires, des sifflets et des applaudissements. Je tente de rentrer sous terre, mais la main est toujours sur mon épaule et sa chaleur traverse ...
    ... mes vêtements.
    
    — Bref, j’ai merdé. Le message sur les réseaux était un message de looser pessimiste et c’est peut-être ce que je suis devenu. Mais comme je suis malin, je l’ai bien tourné et vous êtes tombées dans le panneau.
    
    Nouvelle vague de chahut. A côté, ils doivent se demander ce qui se passe dans cette salle, un congrès de cow-girls ou les groupies d’un célèbre comique.
    
    — Même ma femme Adeline est tombée dans le panneau. Pour celles qui ne la connaîtraient pas, c’est la merveille qui se tient juste à côté de moi. Bon, je l’aime alors si elle est là, ça veut dire que c’est foutu pour vous.
    
    Troisième concert de hurlements et de rire. Certaines tapent du pied par terre. Comme le principal est dit, je me sens un peu soulagé et je regarde autour de moi. Je suis sidéré par la beauté de ces femmes qui étaient prêtes à se glisser dans mon lit simplement parce que j’avais écrit quelques mots « trop mignons ». Le pouvoir du verbe. Je vois des yeux magnifiques et des bouches attirantes, des jambes parfaites et des poitrines provocantes. Si j’avais une centaine de vies, j’en donnerais bien une à chacune de ces dames. Je le pense et il semble que je le dis, ce qui accroit encore la confusion.
    
    Adeline me chuchote à l’oreille qu’il est temps que je file à mon rendez-vous, son parfum me rappelle de délicieux souvenirs, mais je m’éclipse. Taxi, grand restaurant, vautour américaine dans une robe aussi minimale qu’improbable. Quel âge pense-t-elle avoir ? Est-ce vraiment à ...
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