1. Tout se joue le 18 juin.


    Datte: 13/09/2024, Catégories: Humour aventure, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... et un simple tee-shirt rose avec la mentionGIRL POWER en paillettes dorées. Elle s’est fait couper les cheveux. Ils sont courts, genre Jeanne d’Arc. Aurait-elle sacrifié sa chevelure pour expier sa faute ? Une chaleur suspecte m’envahit. Je n’ai pas le temps de m’interroger plus que ça car elle me parle avant même s’asseoir.
    
    — Quand j’ai vu toutes les pouffiasses qui faisaient le pied de grue dans le hall de l’hôtel, j’ai tout de suite compris que tu avais filé en douce. Evidemment dans un pub. Comment ça va, mon chéri ?
    — Où est ton amant ?
    — Bon, commençons par là puisqu’il le faut. Nous étions dans un hôtel près de Barcelone, une grande chambre avec un petit balcon qui donnait sur la mer. C’était le matin et je buvais un café en regardant le bleu de la Méditerranée. Marco dormait encore. On aurait dit un enfant quand il dormait. J’ai zappé un peu sur mon téléphone et je suis tombé sur ton appel du 18 juin. C’était si bien écrit que j’ai tout de suite été sûre que tu aurais des réponses. Et puis, il y avait surtout cette phrase : « Dans ma vie, j’ai toujours choisi la confiance et la fidélité et souvent, j’ai fait le bon choix, mais aujourd’hui, je suis seul comme un ours blanc dans un zoo. » et j’ai repensé à celui du zoo du Bronx. Quand nous l’avions vu, il venait de manger une petite fille qui s’était baignée dans son bassin. Cela m’avait terrifiée et tu m’avais prise dans tes bras en me disant : « Moi aussi je suis un ours et je vais te manger ». J’ai regardé le ...
    ... petit Marco avec son air de gosse endormi et j’ai compris qu’il ne me ferait jamais cet effet-là. Je ne pourrais jamais avoir confiance en lui à part pour dépenser mon argent et il ne pourrait pas me protéger. Alors j’ai filé.
    — Et te voilà, dis-je avec un ton qui ne laisse rien transpirer de mon chaos intérieur.
    — Oui. Si tu veux que je me mette à genoux et que je supplie, je peux le faire, mais le mieux serait qu’on fasse l’amour jusqu’à ce qu’on en puisse plus et qu’on passe à autre chose.
    — C’est trop facile, Adeline. Un, tu reviens, mais jusqu’à quand ? Avec qui vas-tu partir la prochaine fois ? Deux, j’ai rendez-vous ce soir avec la big boss du fonds de pension. On va coucher ensemble et je vais régler le problème des brevets. Mais si tu peux attendre ton tour, peut-être que demain, nous reprendrons notre vie conjugale là où nous l’avions laissée.
    
    J’aime cette femme, mais je ne peux pas le lui dire. Et je ne la mérite pas. Et elle m’agace parce que son regard me rend transparent et tous mes défauts, mes manques, mes incapacités nous sautent aux yeux. Nous savons tous les deux qu’elle a essayé de me quitter parce que je deviens alcoolique et qu’elle est revenue parce qu’elle se sent responsable de moi. Elle me regarde avec cette intensité qui m’a si souvent ému.
    
    — Je ne peux rien te promettre, Antoine, dit-elle sans me quitter du regard. C’est toi qui peux me décider à rester et toi seul. Pour ce soir, fais ce que tu as décidé, je ne peux pas me permettre d’être ...
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