1. Tout se joue le 18 juin.


    Datte: 13/09/2024, Catégories: Humour aventure, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... m’intéresse, c’est une proposition commerciale. Vous voulez mes brevets, combien ?
    — C’est plus compliqué que cela, voyons. Vos brevets, nous les avons déjà. Nous nous en servons depuis plusieurs semaines. La seule question, c’est le procès ridicule que vous nous faites. Voyons, Antoine, vous êtes brillant et désirable quand vous vous adressez à des petites Françaises et vous vous conduisez comme un mufle avec une Américaine. Est-ce que c’est juste ?
    — Mais…
    — Voilà ma proposition : vous m’invitez à dîner ce soir et je paie vos brevets au prix que vous fixez, sans discuter.
    — Je… Pourquoi ?
    — Je tiens à savoir si vous êtes un amant aussi formidable que vous en avez l’air. Et je déteste l’idée que seules les Françaises puissent vous sauver de l’ennui.
    
    Elle me regarde toujours avec ce petit air supérieur qu’elle affiche depuis le début, mais je fais profil bas et prend l’air dégagé pour accepter ses conditions. Après tout, elle n’est pas trop moche et si elle tenait parole, mon enfer prendrait fin.
    
    Une fois dans la rue, je prends la mesure de la situation. Ma soirée risque d’être plutôt compliquée. Je décide de rentrer à l’hôtel et de faire une sieste avant de paniquer. Mais, quand j’entre dans le hall, je vois quelques têtes connues qui m’attendent installées sur les canapés prévus à cet effet et je fais aussitôt demi-tour. Mon coup d’œil a été très rapide, mais j’ai reconnu une voisine de palier, l’adjointe à la mairie d’Orléans, ou Tours je ne sais plus, avec qui ...
    ... j’ai travaillé, et flirté il y a deux ans et une amie de ma femme. Mon appel a été visiblement remarqué. J’ai levé une armée et je ne sais pas comment me sortir de cette situation ubuesque. Comme on ne peut échapper à ses addictions, la seule solution que je parviens à imaginer est de me réfugier dans le premier pub venu. Le barman m’accueille comme si j’étais son meilleur client et me sers une Guinness sans que je ne dise rien.
    
    C’est pourtant facile, je pense en trempant mes lèvres dans la mousse fraîche. Je vais les voir les unes après les autres et je leur dis qu’il y a eu un malentendu et que je n’ai pas de temps à passer avec elle, enfin elles. Mais je pense en descendant le quart de ma pinte pour retrouver un peu de tranquillité, que je n’ai jamais su dire non à une femme. Jamais. La seule solution que j’ai trouvé dans le passé pour quitter une femme était de déménager. A l’idée de retourner à l’hôtel et de les affronter, je transpire abondamment et je dois continuer à boire pour que la sensation passe.
    
    C’est le moment que choisit Adeline pour entrer dans le pub. Malgré la pénombre et la cohue devant le bar, je la reconnais aussitôt. Adeline, ma femme depuis plus de vingt ans. Je ne comprends pas ce qui se passe depuis ce matin. Pourquoi est-elle là ? Comment m’a-t-elle retrouvé dans ce pub ? A part la surprise, je ne comprends pas non plus ce que je ressens. Est-ce que je l’aime encore ou est-ce que je la déteste ? Elle porte un jean délavé qui moule ses hanches ...
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