Tout se joue le 18 juin.
Datte: 13/09/2024,
Catégories:
Humour
aventure,
Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... une seule matinée.
— On s’est rencontrées dans le train, dit Marie, la blonde (fausse en fait, je me rappelle bien sa chevelure châtain maintenant). On ne s’était pas vue depuis vingt ans ! Mais on avait lu ton message trop cool et chacune de nous a eu l’idée de venir te sauver.
— Dans le train, on a failli tirer à la courte paille, ajoute Jeanne et puis, on s’est dit que c’était à toi de choisir.
— De choisir ?
— Tu es toujours aussi bête, mon petit Antoine. Il faut bien que tu nous dises qui tu veux dans ton lit pour gagner la bataille d’Angleterre.
— Oh… Vous êtes adorables toutes les deux et c’est trop dur de choisir comme ça en quelques secondes. Ecoutez, j’ai des rendez-vous importants aujourd’hui. Alors en m’attendant, faites du shopping et on se retrouve ce soir. Je vous invite à dîner et après, on verra bien.
La porte se referme et je me demande un instant comment je vais jongler ce soir avec mon inconnue et mes deux anciennes copines. Parce que j’ai envie de jongler. J’imagine un instant des scénarios improbables, à trois, à quatre. Un instant. Ensuite, c’est chemise, rasoir, taxi, ascenseur.
Je me retrouve dans un bureau, grand comme un hall de gare, entièrement vitré, au sommet d’une tour qui domine la Tamise. Mon interlocuteur est une dame, la cinquantaine, mince, américaine. Elle me regarde entrer avec un petit air ironique et des jambes gainées de soie noire.
— Ah, dit-elle dans un français tout à fait correct, notre petit taureau français ...
... !
— Je ne comprends pas…
— Antoine, vous êtes si prévisible. Il suffit d’agiter la muleta et vous foncez dans le tas.
— Madame, je ne suis pas d’humeur pour vos petits jeux. Cette rencontre était-elle bien nécessaire ? Je crois que…
— Chut, chut. J’ai une proposition à vous faire et je vous conseille de l’écouter. Il y a une possibilité réelle que nous arrivions à un accord. Asseyez-vous gentiment.
Elle est belle, mais elle m’agace. Pourtant, je m’assois comme elle me le demande. L’idée que sa proposition puisse être acceptable agit sur moi comme un antidépresseur surpuissant.
— Je m’appelle Alexandra Liberty et si vous connaissiez l’organigramme du trust, vous sauriez que notre rencontre est tout à fait inhabituelle. J’ai une grande liberté de manœuvre et je peux prendre des décisions tout à fait contraires à notre intérêt si ça me chante. Je suis à Londres par hasard, voyez-vous. Je rencontre nos équipes, je pose des questions et on me parle d’un petit français fou furieux, possesseur de brevets tout à fait intéressants, mais qui s’accroche comme un pitbull. On me dit qu’il va falloir employer les grands moyens pour se débarrasser de lui. Alors, je me renseigne et sur les réseaux sociaux, je trouve un message tout à fait charmant, subtil, plein d’humour. Vous avez du vague à l’âme et vous savez dire les choses comme une femme a envie de les entendre. Aussi, j’ai eu envie de vous rencontrer, Antoine. Et j’avoue que je ne suis pas déçue.
— Merci. Mais ce qui ...