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Tous des menteurs. Surtout moi !
Datte: 25/08/2024, Catégories: amour, cérébral, caresses, nonéro, confession, Auteur: Loaou, Source: Revebebe
... est un art qui s’apprend, je ne peux que conseiller les classes préparatoires à ceux qui veulent s’y adonner. Les années collège-lycée m’ont aussi confirmé que je n’avais pas le monopole du mensonge. En fait, tout le monde ment, tout le temps. Certains sont seulement plus fort que d’autres. J’ai ainsi découvert un curé qui, pour aider les jeunes, n’hésitait pas à mettre son local à leur disposition, ou à distribuer quelque argent de poche, en organisant en retour des travaux pratiques sexuels. Ce menteur-là aurait mérité une médaille : une grosse médaille en plomb attachée au cou avant d’être balancé dans la rivière qui jouxtait le groupe scolaire. De mon côté, j’ai aussi menti en ne disant rien ou en biaisant pour sortir de ses griffes sans expliquer la très gênante vérité : tant qu’il n’impliquait que mes mains et assouvissait ma curiosité, j’y avais pris un certain plaisir. Hélas, une fois le doigt pris dans l’engrenage, il ne s’était pas arrêté à ce qui me plaisait. Mais ne retenez pas ces détails sordides : mentir correctement n’implique pas de sombrer si bas. Destinée par ma formation à devenir professeure, j’ai appliqué mon postulat en démissionnant de ce qui était alors, par un mensonge encore plus gros que les miens, la « prestigieuse » Éducation Nationale, pour créer un bureau d’étude dans une entreprise privée. Là, j’ai eu beaucoup de mal à mentir, car j’adorais vraiment ce travail et les échanges avec la direction se passaient dans une confiance ...
... absolue. Heureusement, il me restait le domaine privé. Encore célibataire six ans après le bac, j’ai tenté d’aborder des garçons de mon âge. Nous nous sommes tous menti royalement. Je pensais qu’avoir envie d’affection n’impliquait pas uniquement de passer par leur casserole pour terminer dans leur poubelle, une fois grillée. Ce furent des échanges de haut niveau sur l’échelle dumensongeomètre : — Tu m’aimes comment ? demandé-je. — Beaucoup. Quand c’est qu’on va plus loin ? Tu ne m’aimes pas, toi ? — Bien sûr que si, mais… Mais c’est trop tôt ! On ne se refait pas, ils me faisaient peur. Passer à l’acte me terrifiait, je revoyais ces moments affreux au collège, mais je ne l’aurais avoué pour rien au monde : il était bien plus facile de mentir ! * * * Une belle nuit, alors que je n’y crois plus, tout bascule. Nous sommes assis sur les gradins de pierre du théâtre romain, il y a beaucoup de monde à la représentation de ce soir. Il me serre légèrement, comme ma voisine de l’autre côté. Sa jambe contre la mienne m’électrise. À un moment, il pose son bras derrière moi pour mieux se caler sur les pierres inconfortables, alors je m’appuie dessus. Je le sens frémir. Transie d’émotion, j’en oublie le spectacle, mais je ne bouge pas trop : il y a d’autres amis avec nous, je ne veux pas qu’ils nous remarquent. Son bras dans mon dos… je ne peux pas me mentir : je sais qu’il sait ce que je ressens, et qu’il sait que je le sais. On s’était brièvement croisés chez des ...