1. Réalité ou dualité ?


    Datte: 25/08/2024, Catégories: fh, bizarre, fête, amour, cérébral, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... des larmes de déception aux yeux.
    
    « Je serai toujours là pour toi. Tu sais où me retrouver ! », puis plus rien. Pendant une seconde, elle eut la terrible sensation de sombrer dans un vide absolu.
    
    Elle se reprit en réalisant qu’elle se donnait en spectacle. Elle tourna la tête vers son mari qui la regardait attentivement, d’un air interrogatif presque soucieux comme s’il cherchait une réponse à une question difficile. Pour donner le change, elle se précipita vers lui. Le baiser qu’ils échangèrent lui parut bien fade et n’arriva pas à lui faire oublier l’étreinte brûlante, mais malheureusement inachevée, qu’elle venait de vivre…
    
    Assise sur une souche, elle profitait du soleil qui l’alanguissait de sa chaleur. Un peu plus loin, sa fille Marie jouait à cache-cache avec son père. Leurs cris joyeux la réjouissaient. Elle était heureuse de les voir s’amuser avec autant d’entrain. Tout lui souriait. Paul était un merveilleux père et un bon époux. Marie, une enfant vive et enjouée qui faisait sa fierté. Elle ne pouvait que s’enorgueillir de leur vie de famille épanouie et de la solidité de leur couple ! Beaucoup la complimentaient pour ce qu’elle avait accompli, mais parfois, sans qu’elle ne sache pourquoi, une espèce de nostalgie, de regret la taraudait. Qu’est-ce qui lui faisait croire que son mariage était plus réussi et plus équilibrant que celui des autres ? se demanda-t-elle brusquement. Ne ressentait-elle pas parfois comme un vide, un manque de fantaisie dans son ...
    ... existence ? Elle repoussa avec force cette pensée en se disant qu’elle était une femme sensée, déterminée, et qu’elle comptait bien le rester pour que son foyer puisse continuer à vivre dans l’harmonie.
    
    Déstabilisée par la tournure que prenaient ses réflexions, elle regarda autour d’elle pour se changer les idées. Sa fille et son mari avaient disparu. Cela faisait un certain temps qu’elle n’avait pas entendu leurs voix ni leurs cris. Une inquiétude subite l’assaillit et elle se redressa pour aller les retrouver.
    
    — Marie ? Paul ? appela-t-elle, en tentant de refouler les craintes qui montaient en elle.
    
    Silence. La panique la gagna. Folle d’inquiétude, elle se mit à courir dans tous les sens en criant à tue-tête, le prénom de sa fille. Elle porta une main à sa bouche pour refouler un accès de nausée. Non ! Elle ne devait pas succomber à l’affolement. Marie devait être avec son père.
    
    Lorsqu’elle vit Paul surgir d’un petit sentier, seul, le visage angoissé, elle crut mourir.
    
    — Où est Marie, où est ma fille ? hurla-t-elle au bord de l’hystérie. Qu’as-tu fait d’elle ?
    
    Paul se contenta de hocher négativement la tête en écartant sombrement les bras. Elle l’aurait frappé ! Épouvantée à la perspective d’avoir perdu sa fille, elle le contourna et se rua sur le sentier qui s’enfonçait dans le bois, sans prendre le temps d’écouter les explications bredouillantes de son mari. Elle appela et appela encore sans que personne ne lui réponde. Elle s’exhorta au calme. Elle devait ...